8 000 à 20 000 personnes à Paris contre la loi Bachelot

Publié le par SPHAB/CGT (56-Guémené)

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     La grève des professionnels de santé pour protester contre la loi Bachelot est particulièrement suivie à Paris. Entre 8.000 et 20.000 personnels hospitaliers, médecins, infirmier(e)s, aide-soignant(e)s, dont certains «grands patrons» comme Bernard Debré ou René Frydman ont défilé mardi à Paris.  

 

      Vers 15 heures, la tête du cortège était arrivée devant le Sénat où l'examen du projet de loi «Hôpital, Patients, Santé, Territoires» (HPST) doit commencer le 11 mai. Des élus sont venus à la rencontre des manifestants. Le vice-président (PCF) de la haute assemblée Guy Fischer a assuré les personnels hospitaliers de sa «solidarité». Les dispositions faisant du directeur le «seul patron» de l'hôpital sont contestées par l'ensemble des manifestants qui jugent notamment le contre-pouvoir médical insuffisant. link

 

      Selon les chiffres communiqués à la mi-journée par le ministère de la Santé, le taux de participation des médecins hospitaliers à la grève mardi (sans compter ceux se déclarant grévistes mais tenus de travailler), était à la mi-journée de 9,55% au plan national mais de 50,16% à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

 

       Des mandarins dans le cortège

 

       Cas de figure rare, des figures du monde de la médecine, des professeurs et des chefs de services sont très impliqués dans le mouvement. Ils craignent que la loi offre trop de pouvoirs aux directeurs administratifs. Selon eux, ces nouveaux responsables aux pouvoirs renforcés seraient trop proches des autorités politiques et feraient peser un risque aux patients et au personnel médical. En toile de fond : la nécessité première de la rentabilité et la transformation de l'hôpital public en entreprise privée.

 

      « Si on demande à un aéroport d'accueillir deux fois plus d'avions, qui doivent aller deux fois plus vite et que le billet compte moitié prix, on dirait que c'est impossible, plaidait récemment sur RTL le professeur Laurent Lantiéri, chef de service à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil qui a réalisé récemment des greffes inédites au monde jusqu'ici. Il faut remettre un peu de raison dans tout ça. »

 

      Mi avril, 25 grands noms de la médecine, tous professeurs de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, l'AP-HP s'étaient fendus d'une tribune pour dénoncer une « médecine mercantile » réduisant « le malade au tarif de sa maladie ».

 

      En province

 

      A Lille, des médecins ont décidé «de ne plus participer aux activités administratives» depuis lundi. Même initiative aux Hospices Civils de Lyon, tandis que la communauté médicale de Caen envisage de former mardi une «chaîne humaine hospitalière autour du CHU».

 

      Les personnels hospitaliers reprochent au projet HPST de «caler l'hôpital sur l'entreprise» en renforçant un directeur qui «pourra n'avoir aucune compétence médicale» et estiment qu'il «organise des suppressions massives et injustifiées d'emploi d'infirmiers et d'aides-soignants».

 

 (article publié le 28 avril 2009 sur http://www.leparisien.fr/)


















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