Mesures anticrise : les syndicats doivent obtenir des résultats avant l'été

Publié le par SPHAB/CGT (56-Guémené-sur-Scorff)

Mesures anticrise : les syndicats doivent obtenir des résultats avant l'été

Les huit organisations syndicales préparent une cinquième journée de mobilisation le 13 juin


Face à une crise installée dans la durée, les syndicats savent, pour entretenir la mobilisation, qu'il leur faut obtenir des résultats et, de préférence, avant l'été. A l'occasion d'une quatrième journée d'action, mardi 26 mai, et à la veille de la rencontre des partenaires sociaux pour fixer l'" agenda social 2009 ", le G8 syndical (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA) a précisé ses revendications.


Lundi soir, au siège de l'UNSA, les responsables syndicaux se sont mis d'accord sur dix revendications, cinq à l'attention du gouvernement et cinq pour le patronat. Au gouvernement, les syndicats demandent la " revalorisation du smic, des minima sociaux, des pensions et des retraites ", comme le conditionnement de toute aide et exonération de charges pour les entreprises " à des contreparties mesurables en termes d'emploi, de qualification et de rémunération ".

Les syndicats réclament aussi " le prolongement de l'indemnisation des demandeurs en fin de droit ". Ils souhaitent que le gouvernement " donne à Pôle emploi les moyens nécessaires à l'accompagnement personnalisé des demandeurs d'emploi ". Alors que les mesures de chômage partiel vont s'interrompre dans certaines entreprises et que les salariés risquent de basculer dans le chômage total, alors que les licenciés du début de crise, les intérimaires notamment, s'approchent de leurs fins de droits, gouvernement et syndicats s'attendent à une forte croissance du chômage et de fortes tensions sociales. " C'est un des points les plus sensibles parce qu'à la rentrée, des salariés vont se retrouver sans rien et c'est Nicolas Sarkozy qui s'est engagé à ne "laisser personne sur le bord de la route" ", dit Jean Grosset (UNSA).


RENCONTRE AVEC LE MEDEF


Comme il le fait depuis janvier, sans succès, le G8 réclame la suppression du bouclier fiscal, du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires et demande au gouvernement de renoncer aux suppressions d'emplois dans la fonction publique.


A la veille de la rencontre des cinq confédérations avec les organisations patronales, au siège du Medef, les syndicats demandent au patronat " d'assumer ses responsabilités et d'engager des négociations ". Les huit attendent qu'il s'engage sur la " répartition et la distribution des richesses produites dans les entreprises, l'amélioration des salaires et la réduction des inégalités ". Il veut négocier aussi " un accès facilité pour tous au chômage partiel, l'amélioration de la durée et du niveau de son indemnisation... ". Autant de sujets que le Medef n'avait pas forcément inscrits dans son agenda social.


A défaut d'engranger quelques résultats, les syndicats risquent de rencontrer des difficultés. Pourquoi faire grève ou manifester si rien ne change ?, peuvent s'interroger les salariés. " Nous allons devoir préparer la rentrée, mais d'ici là, l'important c'est d'obtenir des résultats avant l'été ", résume Marcel Grignard (CFDT).

Pour l'instant, aucune des huit organisations, aussi différentes soient-elles, n'envisage de quitter le front syndical uni. " Ce n'est pas parce que l'on sortirait de l'intersyndicale que cela déclencherait la grève générale ", juge Catherine Lebrun (Solidaires).


Même FO, qui dit préférer une grève franche " pour tout bloquer et voir ce qui se passerait après ", selon les mots de Michèle Biaggi, sait que la situation est complexe et qu'" il peut y avoir une certaine lassitude des salariés ". " Dire qu'on peut aller crescendo dans la mobilisation, facilement, serait surestimer les capacités de mobilisation ", reconnaît Maryse Dumas (CGT).


Après la journée de mardi, avec des modes d'action différenciés et locaux, distributions de tracts, rassemblements, manifestations, grèves dans certains secteurs, pique-nique, il sera difficile de dire si la mobilisation se maintient. Le prochain rendez-vous est prévu samedi 13 juin, avec des manifestations que les syndicats espèrent importantes. " On ne peut pas se permettre de terminer, avant les vacances, sur un échec ", estiment-ils. Mais tous ont déjà les yeux fixés, comme le gouvernement, sur la rentrée.


Rémi Barroux

 

 

Article publié dans le journal Le Monde daté du mercredi 27 mai 2009 (www.lemonde.fr)

 

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