Syndicats et patronat discutent de la crise

Publié le par SPHAB/CGT (56-Guémené-sur-Scorff)

Syndicats et patronat discutent de la crise

«Le patronat cherche à gagner du temps en organisant un semblant de dialogue social»,

a commenté Maryse Dumas, de la CGT Crédits photo : AFP

Après plusieurs heures de tergiversations, les partenaires sociaux sont tombés d'accord sur un agenda de discussions.

Que ce fut long et dur ! Il aura fallu pas moins de six heures de discussion dont plus de la moitié en interruption de séance pour que les partenaires sociaux accouchent, mercredi soir tard, d'un agenda très approximatif de rencontres pour la fin de l'année. Les cinq centrales aujourd'hui représentatives des salariés (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC) et les trois organisations patronales (Medef, CGPME et UPA) ont acté d'ouvrir «une négociation sans exclusive sur la gestion sociale des conséquences économiques de la crise sur l'emploi», avec deux dates programmées (10 et 24 juin). «On pourra parler de l'amélioration du chômage partiel, d'employabilité, de développement des compétences, de mobilité, d'emploi des jeunes...», a listé Marcel Grignard, de la CFDT, qui reste néanmoins très sceptique sur l'issue des discussions.


«Le patronat a refusé d'y inclure la question des salaires et de la répartition de la valeur», a critiqué Gabrielle Simon, de la CFTC. «Pour nous, la priorité, c'est avant tout de gérer les conséquences de la crise sur l'emploi», a confirmé Benoît Roger Vasselin, le chef de file de la délégation patronale.


Gagner du temps

La partie patronale a aussi proposé d'ouvrir trois «délibérations sociales», discussions destinées à établir un état des lieux et pouvant déboucher sur une négociation - sur le dialogue social dans les petites entreprises, la politique industrielle et le paritarisme. «Le patronat cherche à gagner du temps en organisant un semblant de dialogue social via des délibérations dont on ne connaît ni le contenu, la durée et l'issue», a commenté Maryse Dumas, de la CGT, qui stigmatise le refus du patronat de parler de politique salariale et appelle à poursuivre la mobilisation dans les rues.


Grand absent de l'agenda social : le partage de la valeur, sur lequel le président de la République attend les conclusions des partenaires sociaux avant le 15 juillet et que le patronat a catégoriquement refusé d'inscrire au menu des discussions. «Je crains que ce soit une manière déguisée pour le Medef de renvoyer la balle aux pouvoirs publics», a critiqué Gérard Labrune, de la CFE-CGC. «On tentera d'en parler dans la délibération sur le dialogue social», a indiqué Bernard Devy, de FO. Sans garantie de succès, la date de première rencontre ayant été fixée au 22 juin, soit, trois semaines avant la date limite exigée par Nicolas Sarkozy.


Marc Landré

Article publié le jeudi  28/05/2009 | Mise à jour : 12:24 | sur le site : http://www.lefigaro.fr/

 


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