Prendre le temps de soigner avant tout

Publié le par SPHAB/CGT (56-Guémené-sur-Scorff)

Prendre le temps de soigner avant tout

 

Les personnels de l'unité de soins palliatifs de l'hôpital René-Muret à Sevran ont de leur propre chef fermé des lits pour pouvoir « travailler correctement ».


Travailler dans des conditions déplorables, les personnels de l'unité de soins palliatifs de l'hôpital gériatrique René Muret-Bigottini de Sevran (Seine-Saint-Denis) ont décidé que c'en était fini. Le 11 mai, ils ont décidé, sans l'aval de leur direction, de réorganiser d'eux-mêmes l'unité, supprimant cinq lits pour tomber à 15 patients. « On a aboli les chambres doubles, réparti les malades dans des chambres individuelles et réservé une chambre à l'accueil des familles », relate Arnaud Ferreira, infirmier et délégué CNT, à l'origine de cette petite révolution avec le syndicat Sud Santé. Depuis, le service fonctionne ainsi mais « pas sans heurts ». « La direction fait pression : il y a eu constat d'huissier avec dépôt de plainte contre le personnel. Elle a fait remonter les lits que nous avions entreposés à la cave, mais qui restent vides pour le moment. Et maintenant, elle menace de fermer le service », poursuit le syndicaliste.


Avec les décès, l'unité de soins palliatifs ne compte plus aujourd'hui que neuf patients. Par contre, depuis deux semaines, l'équipe soignante est « ravie ». « Non pas du conflit, mais de pouvoir enfin faire du vrai palliatif », précise Arnaud Ferreira, qui, pour la première fois depuis des mois, a pu prendre une heure trente pour faire la toilette d'une malade. « Le service est calme, et on peut enfin faire du bon boulot. » Pour les infirmières et aides-soignantes, cela signifie ne pas sacrifier le relationnel, ne pas travailler à la chaîne et dans l'urgence. En bref, pouvoir « travailler correctement ».


Une prochaine réunion est prévue le 8 juin entre l'équipe et la direction, qui est censée se pencher sur le projet des salariés. « On ne demande pas la suppression ou le transfert des lits. On souhaite juste geler l'occupation des lits, comme cela a été fait sur un étage entier de soins de suite par manque de personnel, en attendant les travaux de réorganisation de l'unité, prévus pour 2010 ou 2011 », récapitule le syndicaliste.


A. C.

Article publié dans le journal l'Humanité du samedi 30 mai 2009

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