La baisse des RTT ne passe pas au CHU de Rennes

Publié le par sphab/cgt & associés

La baisse des RTT ne passe pas au CHU de Rennes

 

Cinq jours en moins pour résorber le déficit. Le personnel hospitalier refuse le traitement administré par le directeur, qui explique: « Nos dépenses augmentent plus vite que nos recettes. »

 

« La direction est dans de sales draps ».  C'est le message des hospitaliers qui ont déballé des

centaines de sacs de linge devant la direction, début juin.


L'agitation née autour du projet de loi Bachelot était à peine retombée qu'un nouvel accès de fièvre a éclaté au CHU de Rennes. Début mai, la re­mise en cause de cinq jours de RTT a mis le feu aux poudres.

 

Un mois et demi plus tard, chacun campe sur ses positions. Alors que la direction explique la contrainte des économies face à un déficit qui se creuse, le personnel défend ses ac­quis. Venue à Rennes, il y a quelques jours, la ministre Roselyne Bachelot a été prise à témoin dans ce  dialogue de sourds.

 

Un déficit de 7 millions d'euros

 

Les hospitaliers s'étaient déjà battus, à l'orée des années 2000, pour ob­tenir la RTT. Tant bien que mal, une nouvelle organisation du travail s'était mise en place. Aujourd'hui, la direc­tion voudrait revoir des modalités jugées trop généreuses.

 

«Nos dépenses augmentent plus vite que nos recettes, explique le di­recteur général, André Fritz. Le défi­cit a été de sept millions d'euros en 2008. Ce qui coûte, ce sont les rem­placements pendant les jours de RTT. » La direction veut faire passer la durée de la journée de travail de 7 h 40 à 7 h 30, et les RTT de dix-neuf à quatorze jours. Du coup, le CHU fe­rait l'économie d'une centaine d'em­plois de contractuels.

 

La réaction des syndicats ne s'est pas fait attendre. Début mai, le pan­neau de la charte du patient, démon­té dans le hall, est remis à la direction. Depuis, les manifestations s'enchaînent, le mardi et le jeudi.

 

La première fois, plus de cinq cents blouses blanches déboulent sous les fenêtres d'André Fritz, qui tente vai­nement le dialogue. Lors d'une autre manif, le projet de la direction part en fumée sur un bûcher géant, tandis que des œufs giclent sur la façade.

 

Début juin, des centaines de pa­quets de linge sale sont déballés pour signifier « la direction est dans sales draps », et les hospitaliers ont tenté de s'inviter lors du dernier conseil muni­cipal. Le face-à-face continue.

 

Alain THOMAS.

 

 

 Article publié le mardi 16 juin 2009 dans le journal Ouest-France



 

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