SBFM. Renault s'engage à conserver tous les emplois

Publié le par sphab/cgt & associés

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Ils n'y croyaient plus, les salariés de la SBFM ! Réunis cet après-midi à Caudan, sur le site de la fonderie, ils ont explosé de joie en entendant Pierre Le Ménahès, délégué CGT, leur annoncer que Renault s'engageait à maintenir les 534 emplois de l'entreprise et une production de 20.000 à 30.000 tonnes de fonte graphite sur le site. Une promesse aussi inespérée qu'inattendue !

 

SBFM. Renault s'engage à conserver tous les emplois


Sortie de la préfecture de Vannes. Pierre Le Ménahès, délégué syndical CGT de la SBFM, ne pipe mot.  Il demande aux salariés de la SBFM de rentrer dans le bus en leur jurant de tout leur dire une fois arrivés à Caudan. Chose promise, chose due. Une fois dans la salle du réfectoire de la fonderie morbihannaise, Pierre Le Ménahès prend le micro et annonce à ses collègues de travail la bonne nouvelle. Le spectre de la liquidation s'éloigne, Renault entre dans la partie et s'est engagé à maintenir les 534 emplois de la SBFM. Les salariés n'en reviennent pas. Cris de joie, pleurs, embrassades. Caudan est en liesse.


Renault avec ou sans CIE Automotive


 

Tout n'est pas joué pour autant. Renault s'est engagé, c'est certain. Dans un communiqué de presse envoyé à la sortie de la réunion de ce matin, le groupe automobile confirme "son intention de soutenir l'offre de reprise de SBFM par le groupe espagnol CIE Automotive". Et précise que "si cette offre n'aboutissait pas, Renault pourrait envisager la reprise des actifs industriels et du personnel de la SBFM, sous réserve de la contribution des pouvoirs publics et des collectivités locales et régionales".


Et PSA maintient ses commandes


Pierre Le Ménahès rajoute que "Renault s'engage à confier 23.000 tonnes de fonte graphite à la SBFM et pourrait également rapatrier à Caudan les collecteurs qu'elle fait actuellement fabriquer en Chine". Les représentants du groupe PSA, également présents à la réunion ce matin, se seraient engagés "à maintenir l'activité actuelle".


Dernière ligne droite


Cependant, rien n'est encore signé. Les tractations vont  se poursuivre pendant tout le week-end. Renault rencontrera les représentants du groupe CIE Automotive (absents ce matin à Vannes, ndlr), lundi à 10 h 45, dans les locaux de la préfecture de Rennes. Le tribunal de commerce de Lyon rendra bien sa décision le mardi 30 juin. Les salariés de la SBFM vont donc devoir attendre encore quelques jours avant d'être fixés sur leur sort.

 Article publié le vendredi 26 juin à 11 heures 31 sur le site  http://www.letelegramme.com

 

SBFM. Rendez-vous à Vannes sous très haute tension

Près de 250 fondeurs ont déversé leur colère hier, à Plouay, Lanester et Lorient. À chaque fois, ils ont pris pour cible les façades des mairies à coup de jets d'oeufs et de peinture. À travers ces actions de force, ils entendaient dénoncer «l'immobilisme» des élus. «On a l'impression d'être abandonnés depuis février.» Mais ils voulaient aussi afficher leur détermination à la veille de la table ronde qui doit les éclairer sur l'avenir encore incertain de la fonderie.


«Les constructeurs ont besoin de la SBFM»

Ce matin, la CGT et la CGC espèrent mobiliser l'ensemble des 534 salariés de la SBFM. Cinq cars ont été affrétés au départ de l'entreprise pour rallier la préfecture à Vannes. Même si CIE Automotive, le repreneur potentiel, a confirmé son absence, cette réunion est pour beaucoup d'ouvriers celle de la dernière chance avant la décision du tribunal de commerce de Lyon mardi prochain. «Les constructeurs automobiles ont besoin de la SBFM avec ou sans CIE», martèle René Le Bourvellec, le secrétaire du comité d'entreprise. Et les nombreuses approches, mercredi et jeudi, des représentants de BMW venus négocier, en vain, le déblocage de 1.500 pièces confirment cette position encore stratégique. Mais plus le temps passe, plus les patiences s'amenuisent. «Les nuits sont courtes. On n'a plus besoin de chercher le sommeil puisqu'il ne viendra pas. On veut enfin être fixés sur notre sort», confie un salarié.


Journée de tous les dangers

«Si les salariés n'obtiennent pas de réponse lors de cette réunion, ils prendront leur responsabilité», prévient René Le Bourvellec. Une odeur de soufre flotte déjà sur cette journée de tous les dangers à Vannes. D'ailleurs les forces de l'ordre ont reçu le renfort de deux compagnies de CRS (environ 150 hommes) pour assurer la sécurité aux abords de la préfecture. «N'oublions pas que la peur est du côté des ouvriers qui craignent de perdre leur emploi. Mais s'ils déclarent la guerre sociale on sera là», tonne Pierre Le Ménahès, le délégué syndical CGT. «Qu'ils fassent attention, si le tribunal de commerce prononce la liquidation, la lutte ne sera pas finie. Ils ne récupéreront pas une seule vis!» Les ouvriers menacent d'ores et déjà de refondre les pièces usinées nécessaires au fonctionnement de nombreuses chaînes de montage. «On ne veut pas tomber dans les oubliettes de l'histoire sociale!» La réunion de ce matin devrait préciser si la SBFM s'en approche ou pas.

 

Article publié le vendredi 26 juin 2009 sur le site  http://www.letelegramme.com/

 


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