Grippe A. Le coût des masques fait tousser

Publié le par sphab/cgt & associés

Grippe A- Le coût des masques fait tousser

Toujours pas d'épidémie de grippe A avérée à l'horizon breton. Seul le marché des masques de protection a attrapé la fièvre. Ce qui fait tousser un pharma-cien bigouden.

 

Il ne faudra pas, après, que les gens viennent tout mettre sur le dos des pharmaciens. Les industriels jouent un drôle de jeu avec la grippe A. Un peu comme une poule aux oeufs d'or, dont on voudrait bien qu'elle ponde deux fois plus d'oeufs». François Rodas, pharmacien à Plogastel-Saint-Germain, n'y va pas par quatre chemins et craint des lendemains de pandémie douloureux. Comme les maux de tête qu'il a eus quand il a vu frissonner, puis bouillir le cours du masque de protection. «Il y a plusieurs sortes de masques. Il y a d'abord ceux qui seront délivrés sur ordonnance, par les médecins, aux personnes touchées, et ceux qui sont à destination des personnels de santé. Ceux-là, c'est bon, on les a. En revanche, pour les gens qui voudront s'en procurer eux-mêmes en pharmacie, on ne sera pas livrés avant la mi-octobre. Et les prix ont explosé». Le tout sur fond de pénurie plus ou moins suspecte, selon le pharmacien: «Les usines produisent. On peut quand même se demander s'il n'y a pas une certaine rétention des stocks pour faire monter les enchères?».

50% d'augmentation


Ainsi, début juillet, «la boîte de 20 était négociée auprès d'un distributeur à 9,80EUR. Et puis, à la mi-août, d'un coup, on nous annonce que le prix est passé à 14,90EUR». 50% d'augmentation en un mois. Répercutée sur la facture du client en quête de protection volontaire car, «même sans faire beaucoup de marge, rien qu'en prenant en compte le stock, l'immobilisation financière, le temps passé à expliquer aux gens comment s'en servir, on vendra la boite autour de 24EUR, contre 16 EUR si on était resté au prix initialement négocié». Paramètre à prendre en compte, les masques n'ont qu'une durée de vie de quatre heures...


Deux grippes en même temps


Quant à la psychose autour du virus, l'avis du pharmacien bigouden se fait mesuré. «On parle de pandémie quand on est en face d'une épidémie qu'on retrouve partout dans le monde. C'est le cas. Mais à Plogastel, où on est déjà sans doute moins exposé qu'à Pont-l'Abbé, on l'est bien évidemment moins qu'à Paris, où la promiscuité et les contacts ne sont pas du tout les mêmes. Les Parisiens, je les plains, s'ils doivent acheter une boîte tous les quatre ou cinq jours pour aller travailler ou prendre le métro, ça va leur coûter très cher». Reste, au niveau local, le vent de panique toujours à craindre le jour où un cas sera officiellement détecté. Notamment dans les écoles. «Là, si on n'a pas les masques, ça sera problématique. Surtout si ça tombe en même temps que la grippe saisonnière. Chaque cas sera suspect, c'est pour çela qu'il faudrait déjà que le plus de gens possible se vaccinent contre la grippe ordinaire». D'ici là, une vision moins tragique de la grippe A, question santé, tient peut-être dans une simple réponse: «Dis tonton, pourquoi tu tousses?» «C'est le prix de la boîte...».


Marc Revel

 

Article publié le mercredi 26 août 2009 sur le site letelegramme.com (rubrique finistère)

(http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/finistere/grippe-a-le-cout-des-masques-fait-tousser-26-08-2009-522896.php)

 

 

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