Villemur-sur-Tarn (31), « Contrarier la logique d’une multinationale »

Publié le par sphab/cgt & associés

Villemur-sur-Tarn (31),

« Contrarier la logique d’une multinationale »

 

Automobile . Bernard Thibault était mercredi 9 septembre 2009 à Villemur pour soutenir le combat des Molex. L’occasion aussi d’une convergence d’entreprises en lutte.


correspondance particulière.

 

 

Pour le secrétaire général de la CGT « Molex est un cas d’école »

 

 

Les murs de l’usine Molex expriment la dureté du conflit qui s’y joue depuis un an : « Molex, vampire de l’industrie française, tue 300 familles. » Mercredi, Bernard Thibault rencontrait ouvriers et techniciens du site de Villemur-sur-Tarn, alors que le conflit est entré dans une phase plus radicale et sans doute plus décisive. Le 6 août, la direction a décidé le lock-out du site et annoncé sa fermeture définitive dès le 15 septembre, les procédures légales se poursuivant pourtant jusqu’au 31 octobre.


Patrick Gauthier, syndiqué CGT, est technicien moulage et compte trente ans d’ancienneté dans l’entreprise : « Nous avons demandé à Bernard Thibault d’intervenir auprès du gouvernement pour que Molex repousse la date butoir du 15 septembre. Nous lui avons dit que, financièrement, ça n’allait pas, que le gouvernement doit s’investir pour que soient versés les salaires d’août et les congés payés. » Toute la journée, le secrétaire général de la CGT a écouté les salariés de Molex, discuté avec eux et livré son analyse de ce long conflit social : « Molex, c’est un cas d’école. Alors que l’entreprise dégage des marges, la décision de fermer ici s’explique par la volonté d’ouvrir ailleurs, là où les salaires sont moins élevés (en Chine - NDLR). Nous devons faire la démonstration qu’on peut contrarier la logique d’une multinationale. Il y a quatre ans, Molex a racheté l’usine avec le secret projet de s’emparer des brevets : on a découvert qu’une production parallèle a été organisée. Aujourd’hui, Molex est la seule entreprise en France où les salariés veulent travailler et en sont empêchés par la direction ! » « La liberté du travail est bafouée par les patrons », ironise, l’oeil malicieux, Guy Pavan, délégué CGT.


À l’approche du ras- semblement, en fin d’après-midi, affluent des salariés d’autres entreprises. Notamment Freescale, usine de semi-conducteurs où les emplois sont menacés. Un dialogue s’engage : « Ça dérouille de partout. » « Le problème, c’est que les patrons, on les laisse faire. » « Ils font du fric et ils foutent les gens dehors. » Arrivent des salariés de Ford Blanquefort, en Gironde, d’EDF-GDF, victimes de répression syndicale, du site toulousain de Continental, des cheminots…


Des élus de différents bords politiques ont fait le déplacement : Martin Malvy (PS), président de la région Midi-Pyrénées, les élus PCF Pierre Lacaze ou Monique Marconis. Le groupe communiste au conseil régional a remis un chèque de solidarité de 1 000 euros aux Molex. Même des élus UMP sont présents ! Lorsque Bernard Thibault et plusieurs édiles s’approchent de l’entrée principale de l’usine, un comité d’accueil prend position : quinze vigiles, de noir vêtus, font barrage. Et peu après, au cours de la prise, le secrétaire général de la CGT a demandé aux Molex d’être sur leurs gardes : « Il y a des précautions à prendre pour préserver l’outil de travail, ne pas se laisser déposséder. » Car on a déjà vu des patrons déménager des machines à la dérobée, au milieu de la nuit.


Bruno Vincens

 



pour une table ronde


Le gouvernement a engagé des négociations avec un repreneur. S’agit-il du repreneur que la direction de Molex avait écarté ? On ne sait pas. Bernard Thibault demande une table ronde avec le repreneur potentiel, la direction de Molex, les syndicats et aussi Peugeot et Renault, principaux clients de Molex, « qui peuvent prendre des engagements pour assurer la pérennité du site ». Le secrétaire général de la CGT demande aussi au gouvernement d’intervenir pour que les salaires soient enfin versés ou, à défaut, que l’État paye lui-même les salaires, quitte à se faire rembourser ensuite par Molex quand la multinationale sera inévitablement condamnée par une décision de justice.


 

Articles publiés le vendredi 11 septembre 2009 sur le site humanite.fr

http://www.humanite.fr/2009-09-11_Politique-_-Social-Economie_pour-une-table-ronde

http://www.humanite.fr/2009-09-11_Politique-_-Social-Economie_pour-une-table-ronde

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