Attachés à La Poste, ils le disent dans les urnes

Publié le par sphab/cgt & associés

Attachés à La Poste, ils le disent dans les urnes



 

« C'est votation plutôt que vote, pour donner l'idée d'initiative populaire »,

explique un facteur. : Ouest-France

Jusqu'à ce soir, des « votations » sont organisées pour ou contre le changement de statut de l'établissement.Exemple en Bretagne où les Trégorrois se pressent pour défendre le service public.

 

Reportage

« Je ne reviens pas voter une deuxième fois, ce serait de la triche... Mais je vous ai ramené ma soeur », annonce une mamie, pas peu fière de son coup. Postés devant leur établissement de Lannion (Côtes-d'Armor), en cette matinée de marché, les syndicalistes qui procèdent à la votation sur le changement de statut de La Poste et la privatisation qu'ils redoutent se regonflent le moral.


Les citoyens  pour ne pas dire les supporters de La Poste se succèdent sans relâche auprès de l'urne en carton et ajoutent leur nom sur la liste.


« C'est ce qui amène du lien »


Alors que le point d'orgue de cette votation organisée un peu partout en France est annoncé pour ce samedi, le Trégor s'est mobilisé toute la semaine. Il faut dire qu'ici, depuis des mois, on a déjà manifesté plusieurs fois contre des réductions d'horaires d'ouverture de « petits » bureaux de proximité comme La Roche-Derrien, Vieux-Marché, Plouaret...


« Je vais au moins deux fois par semaine à La Poste, souligne Marcelle, de Plouaret. On ne se fait pas mensualiser partout, alors La Poste, c'est utile. Et c'est bien comme ça. » « Nous aussi, à Rospez, on est concerné », mentionne une dame. Des touristes du Val-d'Oise, en vacances à Trégastel, y vont même de leur vote « parce que c'est scandaleux de s'attaquer à La Poste. Dans certaines zones, c'est ce qui amène du lien ». « Allez, on y va pour les PTT ! », clame un papy nostalgique.


Beaucoup marquent un petit temps au moment de cocher sur le bulletin. Parce qu'ils se sentent « pour » La Poste, qu'il leur faut donc voter « non au projet de privatisation ».

« Cocher non, c'est oui ? », cafouille Jocelyne. Depuis quelques jours, Bruno, Willy et Jean-Marie, les trois délégués CGT, ont bien vu quelques voix pour la privatisation, mais l'issue du vote ne fait ici aucun doute. « La dame qui vient de passer avec son Figaro sous le bras ne veut pas voter, déplore un postier. Ce n'est pourtant pas un vote pour ou contre Sarko. » Quoique... De nombreux votants en profitent pour exprimer leur ras-le-bol ou, comme Simone et Yves, s'élever contre « le démantèlement des services publics ».


Reste à savoir le poids qu'auront ces bulletins. « Bah, ils diront qu'on a triché, lâche un facteur fataliste. Mais nous, on sait qu'on est droit dans nos godasses... » Et qu'au passage, une foule de personnes auront appris un nouveau mot. « C'est votation plutôt que vote, pour donner l'idée d'initiative populaire, comme en Suisse », expliquent les facteurs. Un monsieur opine, en prend de la graine et un bulletin : « A voté contre la privation (sic) de La Poste ! »


Sylvie RIBOT.

 

Article publié le samedi 3 octobre 2009 sur le site ouest-france.fr

http://www.ouest-france.fr/actu/economieDet.php?abo=367321&serv=10&idCla=3634&idDoc=1091701&utm_source=ofmnewsletter&utm_medium=lettredinformation&utm_campaign=economiquesocial

 

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