Infections à l'hôpital : la lutte marque des points

Publié le par sphab/cgt & associés

Infections à l'hôpital :

la lutte marque des points


Les équipes médicales sont soumises au respect de protocoles pour éviter

la propagation de maladies nosocomiales. : Fotolia

Le procès de la Clinique du sport s'est ouvert, hier, à Paris. Cette affaire avait fait connaître au grand public,il y a douze ans, les maladies dites nosocomiales. Depuis, des progrès ont été faits.

 


Entretien

avec Pascal JARNO, médecin spécialiste en santé publique au CCLIN de Rennes



Quelles sont les principales causes des infections nosocomiales ?


Plusieurs facteurs sont à l'origine des infections contractées à l'hôpital. La lourdeur des soins, avec des interventions de plus en plus invasives (qui créent des lésions dans l'organisme) : il y a évidemment plus de risques en réanimation et en chirurgie digestive qu'en psychiatrie. L'état des patients (âge, maladies associées, une plaie sale à son arrivée...). La surutilisation des antibiotiques qui rend des patients résistants, sachant que la plupart des infections sont d'origine bactérienne (1). La mauvaise organisation des locaux (circulation, entrée-sortie...). Le manque de formation du personnel (remplaçants...). Les pratiques des soignants (non-respect des procédures d'hygiène comme le lavage des mains).


Quelles sont les infections les plus fréquentes ?


Selon les chiffres 2006 de l'enquête nationale de prévalence (réalisée un jour donné), cela concerne 5 % des hospitalisations. Soit environ 750 000 cas, plus ou moins graves, par an. Les infections urinaires sont les plus fréquentes et représentent 30 % des cas, les pneumopathies 14,7 % et les infections du site opératoire 14,2 %. Quant aux décès, il est difficile de les relier directement à l'infection. Certaines études parlent de 4 000 morts par an.


Quelles sont les principales mesures de prévention ?


La législation s'est mise en place entre 1988 et 1992, avec la naissance des CLIN dans les établissements de santé, le renforcement des équipes d'hygiène et des Centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CCLIN) au niveau interrégional (cinq en France).


Un travail colossal a été accompli par les établissements : mise au point de protocoles, élaboration et mise à jour d'un guide de bonnes pratiques (hygiène, gestion des déchets...), dispositif de surveillance (recueil de données épidémiologiques...), assistance technique et conseils aux établissements de soins, etc.


Avec quels résultats ?


Les infections nosocomiales ont baissé de plus de 10 % entre 2001 et 2006. L'Ouest est plutôt bien placé. C'est un champ d'étude très dynamique et la France est plutôt en avance si on la compare à ses voisins européens.


Recueilli par François VERCELLETTO.

 

 

Article publié le mercredi 7 octobre 2009 sur le site ouest-france.fr

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet.php?abo=367321&serv=10&idCla=39382&idDoc=1098085&utm_source=ofmnewsletter&utm_medium=lettredinformation&utm_campaign=une

 

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