A la CGT, le faux départ de Jean-Christophe Le Duigou

Publié le par sphab/cgt & associés

A la CGT, le faux départ

de Jean-Christophe

Le Duigou

 

Jean-Christophe-Le-Duigou.JPGC'est ce qui s'appelle une fausse sortie. Jean-Christophe Le Duigou a quitté le bureau confédéral et la commission exécutive (CE) de la CGT, à l'occasion du 49e congrès, qui s'est tenu début décembre à Nantes, mais il va continuer de travailler au côté de Bernard Thibault. Et même au plus près du secrétaire général de la CGT, puisqu'il en devient "conseiller". Une fonction que personne n'occupe actuellement.


Grand spécialiste du dossier des retraites, ce Breton de 61 ans, économiste de formation, rappelle avec humour qu'il a été régulièrement le "plus mal élu" des derniers congrès, pour des positions jugées trop réformatrices, voire réformistes. Il va désormais prodiguer ses conseils au 8e étage de la confédération, où se situe le bureau de M. Thibault. En 2003, au congrès de la CGT de Montpellier, en plein conflit contre la réforme des retraites deFrançois Fillon, beaucoup lui avaient reproché de ne pas avoir défendu bec et ongles la revendication des "37,5 années" de cotisation et, surtout, d'avoir cosigné un ouvrage sur la question avec "l'adversaire" d'alors, le dirigeant de la CFDT Jean-Marie Toulisse (L'Avenir des retraites, éd. de l'Atelier, 1999). Bien que depuis longtemps membre du PCF - il a pris sa carte aux Jeunesses communistes à 14 ans -, M. Le Duigou était alors l'homme à abattre.


En lui rendant hommage dans son discours de clôture à Nantes, M. Thibault a présenté son futur conseiller comme "voyant loin mais restant toujours proche des siens". "Jean-Christophe Le Duigou est l'homme de l'offensive sur la retraite et l'un de nos champions de la politique industrielle", a-t-il ajouté. Une façon de bien cadrer sa mission. Alors que l'année sera marquée par le grand rendez-vous social des retraites, l'expertise et les relations de M. Le Duigou seront d'une aide précieuse, mais son positionnement ne sera pas facile à trouver. Le dernier congrès de la CGT, où M. Chérèque n'a pas pu mettre les pieds, montre à quel point la réforme des retraites est un sujet sensible. M. Le Duigou aura la délicate mission de naviguer entre une franche opposition à la réforme et la nécessité de ne pas s'isoler dans les négociations. Les Etats généraux de l'industrie, voulus par la CGT et annoncés par Nicolas Sarkozy, lui donneront une occasion plus facile d'exercer ses compétences.


L'autre sortante de poids du bureau confédéral, Maryse Dumas, qui avait en charge le secteur revendicatif, ne devrait pas bénéficier du même parcours que M. Le Duigou. Elle partageait avec lui la place de "numéro deux" de la CGT. Elle a demandé à s'occuper de la formation des cadres, mais ne sera pas directement "conseillère" du secrétaire général.


Rémi Barroux

 

 

Article publié le 21/12/2009 sur le site lemonde.fr

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/21/a-la-cgt-le-faux-depart-de-jean-christophe-le-duigou_1283594_823448.h

 

 

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