Amiens- Cour d'appel-peines atténuées pour les Conti

Publié le par sphab/cgt & associés

Amiens- Cour d'appel

peines atténuées pour les Conti

 

Cour-d-appel-peines-attenuees-pour-les-Conti_reference-6-02.jpgMoment émouvant pour Xavier Mathieu et ses camarades qui sortent le poing levé du Palais

de Justice d'Amiens. « C'est un deuxième désaveu pour le gouvernement. Le ministère public

avait demandé des peines très lourdes pour les Conti et  la justice en a décidé autrement.

Tant mieux. »a souligné Xavier Mathieu.

 

 

Les magistrats de la cour d'appel ont condamné Xavier Mathieu à 4000 euros d'amende et les cinq autres prévenus à 2000 euros. À Compiègne, ils avaient eu des peines comprises entre 3 et 5 mois de prison avec sursis.

Malgré ses propos ironiques sur Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, Xavier Mathieu semblait tendu hier matin sur le banc des prévenus de la cour d'appel d'Amiens. Avec quatre autres Conti (le cinquième n'avait pu venir), il attendait avec une certaine anxiété le délibéré de l'appel qu'ils avaient interjeté.

Le 13 janvier dernier, les six co-accusés, ex-salariés de Continental, comparaissaient devant la Cour, suite à leur appel du jugement qui, le 1er septembre dernier, devant le tribunal correctionnel de Compiègne, les avait condamnés à des peines allant de 3 et 5 mois de prison avec sursis pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne commis le 21 avril dernier.

Comme pour l'audience du 13 janvier, les prévenus étaient soutenus par Olivier Besancenot, porte-parole du NPA et par Arlette Laguiller de Lutte Ouvrière. Maxime Gremetz, député communiste de la Somme, Roland Szpirko (LO) et Daniel Beurdeley, (communiste, 1er vice-président du conseil régional chargé des transports) étaient également présents. Dehors, massées derrière une longue barrière et encadrées par un service d'ordre assez discret, quelque 400 personnes, dont au moins 300 Conti, plusieurs dizaines de Goodyear et des représentants de partis de gauche et d'extrême-gauche, attendaient de pied ferme l'arrêt de la cour. La plupart des grands médias nationaux assistaient à cette audience.

Larmes d'émotion

Celle-ci aura duré à peine cinq minutes. Le président Foucart a lu l'arrêt. La cour infirme le jugement de Compiègne et n'a suivi que partiellement les réquisitions du parquet général. L'avocat général Pierre Avignon avait refusé la relaxe et souhaité une peine de 2 à 5 mois de prison avec sursis. Il a été suivi sur le premier point, mais pas sur le second. La cour d'appel d'Amiens a en effet condamné Xavier Mathieu à une peine de 4000 euros d'amende et ses co-prévenus à 2000 euros d'amende chacun. Il n'y a aucune peine de prison Ce jugement ne sera pas inscrit au casier judiciaire.

Une fois la cour retirée, la joie des prévenus se libérait. Xavier Mathieu avait quelques larmes d'émotion et étreignait longuement son avocate, Me Marie-Laure Dufresne-Castets.

Moment émouvant pour Xavier Mathieu et ses camarades que la descente des marches du palais, précédés par une nuée de caméramen. Dehors, leurs amis les applaudissaient à tout rompre.

Xavier Mathieu faisait ses premières déclarations à la presse : « C'est un deuxième désaveu pour le gouvernement. Le ministère public avait demandé des peines très lourdes pour les Conti et la justice en a décidé autrement. Tant mieux. Pour nous, au pénal, on considère ça comme une relaxe. Il y a un petit « hic » : on doit aller maintenant aux intérêts civils. On espère et on demande aujourd'hui à la partie civile de retirer ses billes et de nous foutre enfin la paix. Elle a quelques semaines pour le faire. »

Xavier Mathieu allait ensuite rejoindre tous ceux qui l'ont soutenu par leur présence à Amiens. Il les remerciait et indiquait que pour lui, une voie avait été ouverte par les Conti dans les luttes sociales et qu'il fallait désormais l'amplifier.


JACQUES BEAL
PHOTO FRED HASLIN



Article publié le Samedi 06 Février 2010  sur le site  http://www.courrier-picard.fr





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