AP-HP (75)-Tentative de suicide à l’Hôpital Pompidou

Publié le par sphab/cgt & associés

AP-HP (75)

Tentative de suicide à l'Hôpital Pompidou

 

 

 

110805-LP.fr-HEGP.jpgUne aide-soignante de l’Hôpital européen Georges-Pompidou a menacé de mettre fin à ses jours. Des syndicalistes mettent en cause les restructurations.

Stupeur à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP). Vendredi 29 juillet, une aide-soignante de cet hôpital de l’Assistance publique (XVe) a menacé de mettre fin à ses jours. « Elle a enjambé une rambarde et appelé un collègue en lui disant qu’elle allait se jeter du 5e étage. Des membres de l’administration sont montés et ont négocié avec elle », raconte Xavier Vabois, secrétaire général de la CGT de l’Hôpital Pompidou.


Finalement, plus de peur que de mal. Le geste de l’aide-soignante, la semaine dernière, a cependant été jugé assez sérieux pour déclencher hier matin un comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT). A l’origine de cet appel au secours, un différend sur les aménagements de temps de travail. « Compte tenu de la période estivale, on ne pouvait pas complètement satisfaire sa demande », explique Christian Poimbœuf, le directeur des ressources humaines de l’AP-HP. « Nous travaillons à flux tendu. Ce n’est pas le premier événement de ce genre à Pompidou. Il y a un an et demi, un employé a lui aussi menacé de sauter. Un infirmier, bien que mordu jusqu’au sang, l’a retenu », souligne Xavier Vabois, de la CGT.


Dans un communiqué, le syndicat SUD-Santé fait le lien direct entre les réorganisations actuelles dans les hôpitaux parisiens (suppressions d’emplois, fusion de services, etc.), la tension qui en découle et ce geste. « Des personnels à bout de nerfs, les larmes dans les yeux, n’ont plus d’autre issue que de fuir, soit l’hôpital, soit la vie… », écrit ce syndicat. Et de préciser : « Plus de 3000 postes ont été supprimés, 3000 autres suppressions sont annoncées. Combien faudra-t-il de suicides pour les arrêter? » La direction des ressources humaines, quant à elle, temporise. « A l’unanimité, le CHSCT a pris la peine de poursuivre ses travaux et d’examiner s’il existe un lien entre les conditions de travail et ce geste. Rien ne permet aujourd’hui de faire ce lien », souligne Christian Poimbœuf. Pourtant, un document interne à l’AP-HP, dont nous avons obtenu une copie, sème le doute. Daté du 21 avril 2011 et intitulé « les Enjeux RH (NDLR : ressources humaines) des mois à venir », ce document fait le point sur les « orientations RH retenues dans le cadre du plan stratégique 2010-2014 ». Autrement dit, les mesures qui doivent accompagner la réorganisation des services de l’AP-HP et les suppressions d’emplois. Il était destiné au directeur de ressources humaines, tout juste arrivé, afin de lui dresser un panorama des dossiers à traiter.


A la rubrique « les risques professionnels et les conditions de travail », la direction des ressources humaines met le doigt sur les « risques psychosociaux, avec en toile de fond le sujet des suicides ». Un peu plus loin et à demi-mot, l’AP-HP évoque même France Télécom-Orange, entreprise qui a souffert d’une grande vague de suicides ces dernières années. « La ligne est très délicate à tenir afin de ne pas tomber dans le syndrome d’autres grandes entreprises », écrivent les services de ressources humaines.

 

BORIS CASSEL


source; Leparisien.fr  (Vendredi 5 août 2011)


 

Commenter cet article