Carrières-sous-Poissy (78)-Les retraités abandonnés en pleine nuit

Publié le par sphab/cgt & associés

Carrières-sous-Poissy (78)

Les retraités abandonnés en pleine nuit

Dans la nuit de mardi 15 à mercredi 16 novembre, 71 résidants de la maison de retraite le Sourire se sont retrouvés sans employés.Du coup, les pompiers ont dû intervenir jusqu’à 1 h 30 du matin !

 

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Soixante et onze pensionnaires de la résidence pour personnes âgées le Sourire, à Carrières-sous-Poissy (Yvelines), ont été,dans la nuit de mardi à mercredi, littéralement abandonnés par le personnel et secourus par la police. Vers 23 h 30, rue du Parc, les résidants préviennent la police et racontent qu’aucun salarié n’est présent pour dispenser les soins et assurer le coucher des pensionnaires de l'établissement. Les " se sont déplacés et ont effectivement constaté qu’ils étaient livrés à eux mêmes », souligne une source proche de l’affaire.

Les employés du service de nuit ne sont jamais arrivés

Finalement, les forces de l’ordre parviennent à contacter le directeur et son adjointe qui se trouvent à (Rhône) où ils suivent un séminaire. Le patron contacte alors deux vacataires pour qu’ils se rendent rapidement sur place. Les pompiers arrivent à leur tour pour s’occuper des personnes âgées. Ils ne quitteront les lieux que vers 1 h 30, laissant les résidants sous la garde des deux salariés, arrivés en urgence. Une rapide auprès des pensionnaires a permis de comprendre que les employés du service de jour avaient quitté les lieux à 19 h 30. Ceux de la nuit n’étaient jamais arrivés pour une raison encore indéterminée. Cet établissement médicalisé de 75 places fonctionne depuis février 1989. Les personnes âgées dépendantes disposent de petits studios. Hier matin, sur les lieux, l’ambiance était tendue. Direction, employés et résidants étaient encore sous le choc. Les membres de la direction, le téléphone collé à l’oreille, multipliaient les appels afin d’établir la chronologie de la soirée et de définir les responsabilités. « Il y a eu un souci au niveau de la relève entre deux équipes, confirme Florian Lacroix, le directeur. L’équipe de nuit n’est pas venue quand celle de l’après-midi estpartie. »

Cette situation provoque aussi un malaise parmi les agents. « L’incident se reporte sur nous, tout le monde en subit les conséquences », confie une employée, agacée. Dans les rangs des victimes, la sérénité n’est pas non plus à l’ordre du jour. « On a pris peur, raconte une pensionnaire chamboulée. Aucun employé n’était sur place pour intervenir en cas demalaise ou de besoin urgent. On a utilisé le système d’appelmais personne ne répondait. » Durant la journée, les enquêteurs du commissariat de Poissy tentaient d’y voir plus clair en auditionnant les témoins de cette affaire. Pour l’heure, le parquet de Versailles estime que cette affaire ne revêt pas de caractère pénal. L’agence régionale de santé a demandé qu’une enquête interne soit menée sans délai « afin de comprendre les raisons pour lesquelles les procédures de relève et d’alerte n’ont pas fonctionné,déterminer les responsabilités et prendre les mesures disciplinaires qui s’imposent en cas de faute professionnelle avérée ». Parallèlement, une enquête de police est en cours.

 

Julien CONSTANT et Yves FOSSEY

 

 

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source: Leparisien.fr (jeudi 17 novembre 2011)

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