Caudan(56) Fonderie de bretagne-La route est encore longue

Publié le par sphab/cgt & associés

Caudan (56)


Fonderie de Bretagne. La route est encore longue

Un an après la reprise par Renault de la Fonderie de Bretagne (ex-SBFM), l'entreprise devrait certes réduire ses pertes cette année. Mais l'équilibre financier n'est pas pour tout de suite.


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Le 26 juin 2009, Renault annonçait qu'il reprenait la SBFM, en redressement judiciaire depuis novembre 2008. La fin de plusieurs mois de conflits à la fonderie caudanaise. Un an plus tard, où en est l'entreprise, rebaptisée depuis Fonderie de Bretagne? Fidèle à elle-même, la CGT, fer de lance de la lutte depuis des années, ne désarme pas. Dernièrement, elle s'en est prise à la direction qui a annoncé que dans le cadre de la modernisation de l'outil de travail, une partie de la production allait être momentanément délocalisée vers la Roumanie et Charleville-Mézière (Ardennes).


Plus de quatre millions d'euros d'investissements


En face, le constructeur automobile répond qu'il fait tout pour garantir l'avenir de l'entreprise. C'est ainsi qu'il annonce un programme d'investissements d'un montant global de 4,15millions d'euros, dont 2,7 mobilisés pour revoir la ligne de production principale. 3,8millions d'euros ont également été débloqués pour la maintenance et la remise en état des installations. Sur le fond, le syndicat ne peut que se satisfaire de cette mesure, puisque, pendant des années, il s'est plaint d'un outil de travail obsolète. Ce qu'il craint, en revanche, c'est que les 1.000 tonnes qui vont être délocalisées ne soient pas rapatriées à la fin des travaux en octobre. Pour Pierre Le Ménahès, leader cégétiste qui s'est fait connaître de la France entière en apostrophant Nicolas Sarkozy sur un plateau de TF1 en janvier dernier, «les décisions de la direction creusent lourdement nos déficits industriels, économiques et sociaux».

Sept millions d'euros de pertes annoncées


Quand la CGT crie au loup, la direction estime qu'il n'y a pas péril en la demeure. Chiffres à l'appui, elle table sur une production de 165 tonnes par jour fin juillet, contre 130 tonnes prévues. Pour autant, à la tête de la Fonderie de Bretagne, on sait bien que l'usine mettra du temps à redevenir un outil rentable. Hervé Wibaux, directeur général, qui, bien entendu, cherche à donner une image favorable de son entreprise, se montre prudent. Le marché de l'automobile, dopé un temps par la prime à la casse, semble retomber. Et finalement, fin mai, la fonderie affichait une perte de quatre millions d'euros. Elle devrait même terminer l'exercice 2010 avec une perte de l'ordre de sept millions d'euros quand elle grimpait à plus de 18millions fin 2009.


Laurent Marc

 


Source : letelegramme.com  (samedi 3 juillet 2010)


 

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