Compiègne (60) Une addition symbolique pour les Conti

Publié le par sphab/cgt & associés

Compiègne (60)

Une addition symbolique pour les Conti

1 280,53 euros, c'est la somme que, solidairement, les six salariés de Continental désignés comme responsables du saccage de la sous-préfecture en avril 2009, devront verser à l'État, au titre de dommages et intérêts.

 

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«Un an pour ça ». C'est par ces mots que le leader du conflit Continental, Xavier Mathieu a commenté le montant des dommages et intérêts. Après un an de procédure judiciaire, de mobilisation et d'angoisse, notamment pour les six prévenus, la montagne a accouché d'une souris.

Des 52 000 euros évoqués après le saccage de la sous-préfecture, le 21 avril 2009, aux 12 000 euros réclamés par l'État, lors du procès, le 7 avril dernier, c'est finalement 2 280,53 euros que les ouvriers désignés devront, solidairement, payer.


Cette somme se compose de 1280, 53 euros de dommages et intérêts et 1 000 euros, à verser à l'État, au titre des frais de justice.

Pour l'avocate des prévenus, Marie-Laure Dufresne-Castets, « c'est une condamnation de principe. » « Le montant est tout à fait modeste, pour ne pas dire dérisoire. Même si ce n'est pas dérisoire pour tout le monde, pour les six ouvriers, ça a du sens », a-t-elle commenté, devant quelque 200 à 300 ouvriers rassemblés à quelques mètres du tribunal. « Nous étions plus condamnés pour le geste que pour les dégâts réels. C'était une vengeance ». a souligné Xavier Mathieu.

Des demandes de l'État rejetées

La baisse de la somme réclamée aux Conti s'explique par le choix de la justice de rejeter certaines demandes de l'État. Ce dernier souhaitait se faire rembourser un extincteur volé lors des événements, mais qu'aucun procès-verbal ne relevait.

Même chose pour un tapis déchiré à une lisière dont le tribunal a considéré « qu'aucun élément ne permet de dire que cette déchirure est le fait de l'un des coauteurs des faits de dégradations ». Auparavant, près de 40 000 euros ont déjà remboursé par les assurances.


Pour le conseiller général, François Ferrieux, présent aux côtés des Conti depuis le début, cette décision est « inespérée. Elle marque la fin des relations difficiles avec l'État et la justice. Maintenant, un autre combat commence, celui du reclassement. Et nous, les élus, nous devrons encore être avec eux ». Après cet énième et dernier épisode judiciaire, Xavier Mathieu a souhaité aux ouvriers rassemblés, « la meilleure des routes et la meilleure des issues ». Une manière de fermer la page du conflit Continental.


AGNÈS BRIANÇON

 

Continental : histoire d'un conflit

 

11 mars 2009 : à la mi-journée, les quelque 1120 salariés de l'usine de pneumatiques Continental de Clairoix près de Compiègne, apprennent, en même temps que les médias, la fermeture de l'entreprise.

19 mars 2009 : entre 12 000 (selon la police) et 17 000 personnes (du jamais vu !) manifestent dans les rues compiégnoises. Les Conti sont les invités d'honneur de cette journée d'action.

21 avril 2009 : après avoir appris que le tribunal de Sarreguemines les déboutait de leur demande d'annulation du plan social, environ 600 salariés de Continental envahissent la sous-préfecture. Du matériel est cassé et des vitres brisées.

23 avril 2009 : 1000 Conti de Clairoix se rendent à Hanovre (Allemagne), en train, afin de manifester avec les ouvriers allemands de l'entreprise.

4 juin 2009 : après plusieurs semaines de négociations, l'intersyndicale décroche un accord composé, entre autres, d'une prime extra-légale de 50 000 euros et d'un congé de conversion de 23 mois.

17 juillet 2009 : les sept Conti désignés après le saccage de la sous-préfecture sont jugés au tribunal correctionnel de Compiègne.

1er septembre 2009 : six des sept prévenus sont condamnés à des peines allant de 3 à 5 mois de prison avec sursis.

13 janvier 2010 : jugement en appel à Amiens. Les six prévenus sont condamnés à des amendes allant de 2 000 à 4 000 euros.

 


Source : courrier-picard.fr (3-06-2010)

 



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