Déclaration du FSC-Le Président des riches plus isolé que jamais-La résistance doit gagner en ampleur

Publié le par sphab/cgt & associés

Déclaration du Front Syndical de Classe

 

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Le Président des riches plus isolé que jamais

La résistance doit gagner en ampleur

 

 

La France connaît depuis plus de deux mois un épisode de luttes exceptionnel par son ampleur, sa durée, ses formes et sa détermination. Dès la rentrée de la Toussaint, les blocages et les actions ont repris à l’initiative de nombreux comités locaux de luttes ou des étudiants comme à Nanterre.

 

Parti et construit en-bas contre la régression sociale généralisée et l’insupportable casse des retraites imposées par un gouvernement aux ordres du MEDEF et de ses profits, ce mouvement massif et continu de blocages, de grèves reconductibles ou tournantes, d’interventions de la jeunesse lycéenne et étudiante, de manifestations, d’assemblés et d’initiatives interpro dans d’innombrables localités de tous les départements, marque déjà l’histoire de notre pays et en ouvre une nouvelle étape.

 

D’abord parce que la conscience et la colère sont désormais très largement majoritaires contre Sarkozy et son gouvernement. Les masques sont tombés : Sarkozy gouverne aux ordres d’une bande de grands actionnaires, de grands capitalistes, qui sont décidés à saigner le peuple pour maintenir leurs profits maximum. Cela s’appelle la lutte des classes.


Ensuite parce qu’il est de plus en plus clair que l’offensive contre la retraite s’inscrit dans le cadre d’une Union européenne qui organise la casse continentale des acquis sociaux et démocratiques, appliquée par les gouvernements nationaux, qu’ils soient néo-libéraux ou sociaux-démocrates. C’est ainsi en 2002 à Barcelone qu’a été décidé le recul de l’âge de la retraite à 67 ans dans tous les pays de l’UE avec pour la France l’accord de Chirac et de Jospin. Le récent vote du « Parlement » européen en faveur des retraites par capitalisation, avec le soutien de nombre de socialistes français, va dans le même sens.


Enfin parce que la lutte met côte à côte salariés du public et du privé, jeunes et moins jeunes, français et étrangers, surmontant les divisions artificielles entretenues par le pouvoir. C’est bien tout ensemble et en même temps et par le blocage des profits que nous pouvons battre ce pouvoir qui tient l’économie, la justice, les médias, la police… et qui mène consciemment sa guerre de classe.

 

Au final, notre pays en action permanente, ce peuple uni en bas qui dit bas les pattes contre nos acquis sociaux ont déjà changé les choses et fait passer la peur dans le camp d’en face.

 

Aujourd’hui et demain, contre la réforme des retraites et les mauvais coups qui s’annoncent (services publics désossés, emplois délocalisés et salaires comprimés, sécurité sociale sacrifiée aux intérêts financiers…), c’est cette résistance qui est à l’ordre du jour et qui doit s’amplifier pour ne laisser aucun répit à Sarkozy et au MEDEF.

 

Dans ces conditions, il ne faut en particulier pas permettre à Sarkozy et au Medef de se refaire une santé en participant à des « négociations-bidons » sur l’emploi des jeunes et des seniors, alors que la réforme des retraites condamne les uns comme les autres à bosser jusqu’à l’épuisement et à une retraite de misère !

 

On ne s’étonne pas trop que ce soit Chérèque qui ait lancé le premier cette idée de négociation, reprise par Sarkozy et le Medef avec un empressement d’autant plus grand que ça leur rapporte beaucoup sans rien leur coûter !

 

On ne s’étonne pas plus d’ailleurs que la Confédération Européenne des Syndicats (CES), bras armé syndical de l’Union européenne et apôtre du désarmement des travailleurs par le « dialogue » entre « partenaires sociaux », n’ait jamais soutenu les luttes en France. A part une lettre de son secrétaire général John Monks aux directions syndicales en forme de service minimum, elle n’a diffusé aucune information sur la situation en France et encore moins travaillé à faire converger les luttes qui se développent en Grèce,  Espagne, Belgique, Allemagne…. Comment aurait-il pu en être autrement alors que la CES s’est félicitée de la constitution européenne et de son adoption malgré le NON des travailleurs français (ou irlandais ou néerlandais) et qu’elle soutient elle-aussi les plans européens de développement des retraites par capitalisation ?

 

A l’opposé de ce syndicalisme de résignation, il est indispensable que la CGT quitte la CES (et que la FSU n’y entre pas !) et qu’elle réadhère à la Fédération Syndicale Mondiale (FSM) qui regroupe sur des bases de classe des dizaines de millions de travailleurs dans le monde entier. Les appels de la FSM, la présence de son secrétaire général George Mavrikos sur la manifestation parisienne du 28 octobre sont autant de signes que les luttes en France sont observées et soutenues dans le monde entier.

 

Le magnifique résistance en France et les initiatives à la base, cette unité qui se développe, cette conscience qui progresse de qui sont les ennemis et les faux-amis, donnent le signal d’un nouvel espoir porté par des luttes offensives, construites et dirigées par des travailleurs et des organisations de base qui savent que la lutte des classes existe et qu’elle doit être gagnée.

La peur a changé de camp et ce qui se passe durant cet automne 2010 est annonciateur des victoires à venir.

Poursuivons et amplifions la résistance.


 


Front Syndical de classe, 03 novembre 2010
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