ex-sbfm-Caudan (56)-Renault investit, la fonderie est sauvée !

Publié le par sphab/cgt & associés

Des investissements lourds, une garantie sur les emplois et le foncier. Soulagement hier chez les fondeursde Caudan, face aux engagements pris par le groupe Renault.

110716-SBFM-1-copie-1.jpgIls attendaient des réponses depuis des mois. Ils les ont eues hier, à l'issue d'une réunion en préfecture de Vannes. Les représentants du groupe Renault, les élus régionaux, du département et du pays de Lorient, réunis autour d'une même table se sont mis d'accord sur trois points essentiels : la rénovation de l'outil industriel, l'emploi et la propriété du foncier (bâtiments et terrain de l'ex-SBFM) à Caudan.

 

 

85 millions d'euros d'investissement


C'est la somme que le groupe Renault a décidé d'investir d'ici 2016 dans l'usine. « 39 millions ont déjà été engagés depuis 2009 » a précisé Gérard Leclercq, directeur des fabrications et de la logistique. « 34 millions seront consacrés à la mise en place d'une nouvelle ligne de production. Elle sera opérationnelle en 2014, pour tourner à pleine cadence en 2015. » Depuis que la fonderie a été reprise en 2009, c'était une des principales revendications des salariés qui n'en pouvaient plus de travailler avec un outil obsolète. En investissant ainsi, Renault donne un signe fort. Celui d'intégrer dans le long terme, l'usine de Caudan, dans sa stratégie industrielle. 90 % des pièces produites (vilebrequins, porte-fusées, bras de suspension) sont dédiées aux véhicules de la marque au losange, toutes gammes confondues.


400 emplois assurés


Actuellement, 430 personnes en contrat à durée indéterminée et 130 intérimaires travaillent sur le site. Là encore, Renault s'engage en promettant le maintien de 400 emplois en CDI, sur site. « C'est le nombre qu'il faut, pour atteindre une production de 33 000 tonnes qui sont le minimum bas fixé dans l'objectif » explique Gérard Leclercq. En revanche, pas de développement des ateliers usinage. « Pour l'instant, nous confirmons l'existant. Tout dépendra ensuite des possibilités de capter de nouveaux clients. »


Une solution pour le foncier


Pour l'instant, les murs de l'usine et les terrains sont toujours propriété du liquidateur de l'ancien groupe italien Zen, qui avait acheté la SBFM, avant de déposer le bilan en 2009. Lors de la reprise Renault avait signé un bail précaire de deux ans qui arrive à échéance au mois d'août. C'est là que l'État et les collectivités interviennent. Leurs représentants ont indiqué hier : « Nous travaillons en liaison avec l'établissement public foncier régional pour trouver une solution. Nous examinons la possibilité d'aides au programme d'investissement productif, et en faveur de la formation professionnelle. » En clair, on se dirige par une prolongation du bail, jusqu'à ce que Renault rachète l'ensemble. Gérard Leclercq a confirmé : « A terme, nous serons entièrement propriétaires de la fonderie. »


Les salariés exultent


Dès leur retour de Vannes, les délégués CGT Pierre Le Ménahès et René Le Bourvellec ont informé les salariés. Une assemblée générale pour détailler les annonces est prévue mardi 19. Ils commentaient hier : « Même si nous avons été traités de doux rêveurs, d'utopistes, jamais nous n'avons dévié des revendications indispensables à la pérennisation de notre outil industriel et de ses emplois. Nous sommes une des rares fonderies françaises de pièces en fonte à graphite sphéroïdale en survie en France. Renault a besoin de nos pièces. Il a compris que nous étions incontournables. »

 

Françoise ROSSI

 

 

 


source: ouestfrance.fr (samedi 16 juillet 2011)



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