La CGT met à mal les fables sur le financement syndical !

Publié le par sphab/cgt & associés

La CGT met à mal les fables sur le financement syndical !

En rendant public son bilan financier certifié par un commissaire aux comptes, la CGT dénonce l'iniquité persistante entre les sources de financement des organisations des salariés et celles des organisations patronales.

«Pour un euro de cotisation versé par les syndiqués, nous touchons 12 centimes de subvention publique. » Présentant les « comptes certifiés » de la CGT, comme l'y oblige la loi désormais, Bernard Thibault en a profité pour mettre à mal quelques fables sur le financement des syndicats. Notamment le soi-disant financement des syndicats par les deniers publics [1]. Le bilan financier 2010 de la CGT, certifié par un commissaire aux comptes, montre que les syndiqués ont apporté à la confédération un peu plus de 52 millions et demi d'euros sous forme de cotisations, tandis que les subventions publiques représentent un peu plus de 6,2 millions d'euros. Autre démystification : celle qui fait croire que la fonction publique procurerait aux syndicats l'essentiel de leurs permanents interprofessionnels. La CGT peut annoncer que sur les 161 militants élus ou collaborateurs travaillant à la confédération, 29 sont détachés de la fonction publique, soit 18 % des effectifs.

 

Salariés ou employeurs : l'iniquité des moyens


Le secrétaire général de la CGT souhaitait surtout dénoncer « l'iniquité de plus en plus flagrante entre les moyens à disposition de la défense des intérêts des salariés et ceux dont dispose le collège employeurs ». Alors que les organisations des salariés sont financées par les cotisations, les organisations patronales le sont par une cotisation imputée sur les frais généraux des entreprises. « On trouve légitime qu'une part des richesses créées dans l'entreprise finance la représentation des employeurs sans que les salariés disposent de l'équivalent », s'insurge Bernard Thibault. Iniquité aussi dans les instances puisque les salariés y sont représentés par des militants, tandis que les organisations patronales assurent leur représentation en utilisant les DRH, les experts et les cadres supérieurs payés par les entreprises.

Les comptes certifiés de la CGT permettent de connaître précisément le nombre de ses adhérents. Pour l'exercice 2009, le dernier exercice clos, la CGT comptait 669 614 adhérents dont 115 282 retraités. Ce qui fait sans doute de la CGT la première organisation syndicale par le nombre de ses adhérents. Les exercices non clos font apparaître une progression de 3,6 % en 2010 et de 1 % en 2011. « Une progression lente, concède Bernard Thibault, mais qu'il faut mettre en rapport avec la précarisation du travail et les fermetures d'entreprises. » « En cette période de crise, qu'on dispose ou non de syndicat dans l'entreprise, l'avenir ne sera pas le même », conclut Bernard Thibault, appelant les salariés à « dépasser la peur de se syndiquer ».

 

Olivier Mayer

 

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(15/11/2011)

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