"Le bilan de Bernard Thibault est catastrophique" (Jean-Pierre Delannoy)

Publié le par sphab/cgt & associés

L'interview à la Une

 «Le bilan de Bernard Thibault est catastrophique»

 

 

Jean-Pierre Delannoy, responsable Nord Pas de Calais de la CGT métallurgie, explique les raisons de sa candidature contre Bernard Thibault au 49ème congrès du syndicat, qui se tiendra à Nantes, du 7 au 11 décembre.

 

Capital.fr : Pourquoi vous présentez-vous ?

 

Jean-Pierre Delannoy : Nous voulons remettre la CGT sur ses rails, en donnant la priorité aux revendications des salariés. La CGT doit être un outil de lutte, avant d’être un outil de négociation. Mobiliser les salariés tous les trois ou quatre mois est une stratégie complètement dépassée. Ce n’est pas comme ça qu’on va faire bouger les lignes.

 

Capital.fr : Que reprochez-vous à Bernard Thibault et à l’actuelle direction ?


Jean-Pierre Delannoy : La confédération a renoncé au combat contre le capital, à son identité, en essayant d’accompagner le système pour l’adoucir. Nous voulons un autre programme revendicatif : l’interdiction des licenciements, un SMIC à 1600 euros nets, le retour aux 37,5 années de cotisations pour les retraites des fonctionnaires, la revalorisation des petites retraites…


Nous avons aussi de grosses inquiétudes sur le rapprochement entre la CGT et la CFDT : ce n’est pas la CFDT qui vient à nous, mais l’inverse ! Nous voulons rester un syndicat de classe.

 

Capital.fr : Pouvez-vous vraiment vous présenter ou votre candidature n’est-elle que symbolique ?


Jean-Pierre Delannoy
: C’est une candidature symbolique, car tout a été verrouillé. Nous tiendrons un meeting parallèlement au congrès et déposerons la liste de nos soutiens.

 

Capital.fr : Quelle est l’ambiance en ce moment à la CGT ?


Jean-Pierre Delannoy
:
Elle est très tendue. Il y a un gros décalage entre la confédération et les militants. Ce n’est même plus un décalage, c’est un fossé, un ravin… Ce que Bernard Thibault défend, ce n’est pas ce que les gens en bas attendent. Lors de la manifestation du 22 octobre dernier à Paris, Bernard Thibault s’est fait siffler par les militants, on entendait scander « Thibault démission ». Ça partait de tous les côtés…

 

Capital.fr : Bernard Thibault défend son bilan en s’appuyant sur les bons résultats de la CGT aux élections prud'homales, en décembre 2008. Qu’en pensez-vous ?


Jean-Pierre Delannoy
:
C’est avant tout la victoire des militants de base. Son bilan est catastrophique, sur tous les enjeux : RTT, réforme des retraites, protection sociale, SMIC… À chaque fois, on est en échec. La seule victoire de ces dernières années, c’est celle du CPE, qui est à mettre à l’actif des lycéens et des étudiants.

 


Propos recueillis par Stéphane Loignon

© Capital.fr

 

 


 

Entretien publié le 10 novembre 2009 sur le site capital.fr

http://www.capital.fr/a-la-une/interviews/le-bilan-de-bernard-thibault-est-catastrophique-449645



 

Publié dans cgt

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