Le gouvernement veut faire un exemple-JP DUBOIS, Président de la LDH

Publié le par sphab/cgt & associés

« Le gouvernement veut faire un exemple »

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Jean Pierre Dubois préside la Ligue des droits de l'homme.
Il témoignera en faveur des six salariés, devant la Cour d'appel.

1 Pourquoi avez-vous accepté de témoigner aujourd'hui ?


Il y a une volonté de criminaliser le mouvement social et la Ligue des droits de l'homme est aux côtés de ce mouvement depuis cent ans. Cette histoire est très curieuse. Comment expliquer que l'État, qui produit des poursuites, ne peut pas chiffrer le montant des dommages dont il est victime ? Par ailleurs, ces personnes, engagées syndicalement, ont été désignées par le patron de l'entreprise, le tout sur des films de TF1. Tout ceci est très surprenant.


2 Le saccage de la sous-préfecture de Compiègne doit-il être sanctionné ?


Dans ce pays, il y a déjà eu des sous-préfectures entièrement détruites par le mouvement paysan. Lorsque Dominique Voynet était ministre de l'Environnement (NDLR, en 1999), son bureau a entièrement été saccagé. Il n'y a jamais eu de poursuites pénales. Il y a un deux poids deux mesures et un acharnement contre ces ouvriers. Le gouvernement a donné l'ordre au ministère public de déclencher des poursuites pour faire un exemple. Je suis absolument convaincu qu'il s'agissait d'envoyer un message, de faire peur aux salariés. Il ne s'agit pas de dire qu'endommager une sous-préfecture, c'est bien. Mais s'il y a eu des dégâts, ils sont aussi sur tous ces ouvriers qui ont perdu leur emploi. C'est d'une violence extrême.


3 Une condamnation des salariés équivaudrait-elle au retour de la loi anticasseurs abrogée en 1981 ?


On n'est pas dans ce cas car le jugement de première instance a été rédigé de manière adroite. Il prétend imputer des faits à chaque personne. L'une d'elles a été poursuivie pour avoir jeté une bouteille d'eau dans la cour de la sous-préfecture. C'est un jugement extraordinairement sévère. On les condamne à payer une somme d'argent pour un préjudice dont l'État ne peut pas déterminer le montant. La justice a été instrumentalisée politiquement dans cette affaire et il est heureux que ces salariés aient eu la possibilité de faire appel. Aujourd'hui, je témoignerai de la nécessité de ne pas s'en prendre au droit syndical.


Propos recueillis par L.GALDEANO




Article publié le 13 janvier 2010 sur le site :http://www.courrier-picard.fr


 

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