Le scandale de l'amiante rattrape l'AP-HP

Publié le par sphab/cgt & associés

Le scandale de l’amiante rattrape l’AP-HP

 

 

SAINT LOUISUn ancien directeur de l’hôpital Saint-Louis a été mis en examen dans l’enquête sur l’amiante dans des hôpitaux parisiens.


Pour la première fois, trois responsables de l’hôpital Saint-Louis ont été mis en examen la semaine dernière pour mise en danger de la vie d’autrui, blessure involontaire et homicide involontaire. Ces procès-verbaux font suite à la plainte pénale déposée en 2005 par le syndicat CGT de l’hôpital Saint-Louis qui estimait qu’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) n’avait pas rempli ses obligations en matière de désamiantage. Plusieurs ouvriers travaillant dans cet établissement ont en effet été atteints par des lésions pleurales. L’enquête, ouverte en 2008, avait été par la suite élargie à l’ensemble des établissements de l’AP-HP.


Alors qu’en 1996, la direction de l’AP-HP avait appelé à éradiquer « tout l’amiante sous deux ans », en septembre 2005, seuls 26 sites sur 50 avaient recensé la présence de fibres, en dépit du plan amiante présenté en mars.


L’AP-HP a immédiatement réagi en défendant son action contre l’amiante, indiquant que « chaque personne concernée est informée et incluse dans un processus de contrôle médical ». Le nombre de maladies professionnelles déclarées et reconnues s’établit à 132, argue-t-elle, certifiant « qu’à ce jour, il n’existe plus d’amiante dans les flocages et faux plafonds » des bâtiments de l’AP-HP.


« Le DGI (danger grave et immédiat) déposé en 2005 par le CHSCT (comité hygiène, sécurité et conditions de travail) court toujours », précise néanmoins Réjane Prestail, secrétaire du CHSCT central de l’AP-HP. Si la militante reconnaît que les agents en poste sont bien suivis médicalement, elle déplore « l’absence de suivi pour les retraités et la difficulté à retrouver les salariés des prestataires extérieurs qui ont été exposés ». « Nous restons très vigilants », indique pour sa part Thierry Guigui, délégué syndical CGT à l’hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne. S’il n’y a plus d’amiante dans les faux plafonds de cet établissement, il en reste encore dans les joints des portes battantes, « qui sont progressivement changés », ainsi que dans les dalles vinyle. « Dès que l’une d’elles se détériore, on fait des prélèvements et on les fait recouvrir », précise le syndicaliste.

Ces premières mises en examen ouvrent la voie, à terme, à un possible renvoi devant le tribunal correctionnel.

 

Alexandra CHAIGNON


 


Fonctionnaires et salariés du privé, inégaux face à l’amiante

 


Il existe un « deux poids deux mesures » concernant le traitement des travailleurs exposés à l’amiante. Depuis 1999, les salariés du privé bénéficient du dispositif Acaata (allocation de cessation d’activité des travailleurs de l’amiante) qui leur permet de cesser leur activité à partir de cinquante ans. De plus, les salariés victimes ou leurs ayants droit peuvent poursuivre l’employeur devant le tribunal des affaires de la Sécurité sociale (Tass). 
En revanche, de par leur statut, les agents de la fonction publique sont exclus de ce droit. Les fonctionnaires doivent faire la preuve du lien entre la maladie et l’exposition à l’amiante.

 


source: humanite.fr ( jeudi  28 juillet 2011)



 

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