Le travail de nuit, une vraie pénibilité

Publié le par sphab/cgt & associés

Le travail de nuit, une vraie pénibilité

 

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En grève depuis le 1er septembre, les médecins anesthésistes hospitaliers souhaitent un volet pénibilité dans la réforme des retraites qui compense le rythme du travail de nuit.


«À l’heure actuelle, même à soixante ans, nous sommes tenus de faire des gardes. Moi, j’ai cinquante-trois ans et je ne récupère déjà plus comme avant. Et on voudrait nous faire continuer à ce rythme jusqu’à soixante-sept ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein ? » Présidente du SNPHARE, syndicat regroupant des médecins anesthésistes-réanimateurs, en poste aux Hospices civils de Lyon, Nicole Smolski fait partie de ces milliers de Français fermement opposés au projet de réforme des retraites. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle manifestait mardi avec beaucoup d’autres médecins, malgré les réquisitions dont certains font l’objet. « Je n’ai jamais vu une manifestation avec autant de médecins », confie-t-elle. Son credo : faire reconnaître la pénibilité du travail de nuit des professionnels de santé à l’hôpital.


Actuellement, la pénibilité n’est pas reconnue dans le calcul des droits à la retraite en France. C’est le cas notamment du travail de nuit auquel sont astreints les personnels des hôpitaux (médecins, anesthésistes, infirmières, laborantins…). Avec le projet de loi, le gouvernement s’oriente vers une reconnaissance au cas par cas. Ainsi, un travailleur pourrait prendre sa retraite à soixante ans si un certificat médical atteste d’une incapacité de travail. Pour Laurent Heyer, médecin anesthésiste à l’hôpital Lariboisière, à Paris, « c’est nier la pénibilité au travail », d’autant plus qu’avec le manque de personnel les médecins sont amenés à multiplier les gardes de nuit. « Ce qui nous a désemparés dans la réforme du gouvernement, c’est de traiter la pénibilité comme invalidité », regrette-t-il. « Les études montrent que le travail de nuit diminue l’espérance de vie même si cela ne provoque pas d’incapacité », rappelle Nicole Smolski. Son syndicat (par ailleurs initiateur de la grève illimitée des gardes et astreintes, lancée le 1er septembre et plutôt bien suivie) exige donc que le travail de nuit soit pris en compte pour fixer l’âge de la retraite. « Il faudrait au minimum cesser de faire des gardes à soixante ans, tout en se souvenant qu’il y a vingt-cinq ans les anesthésistes arrêtaient à quarante-cinq ans ! » précise la présidente du SNPHARE, évoquant la possibilité de départs anticipés ou d’aménagements de fins de carrière. « Je voudrais pouvoir dire à partir d’un certain âge : “Je prends moins de gardes” », témoigne le Dr Heyer  et « si le gouvernement ne veut pas discuter, on aura la version tonique de la grève », menace-t-il.

 

Alice Cazes-Tinot et Alexandra Chaignon (L'huma)

 

 

 

 

 


Sources : humanite.fr (vendredi 9 septembre 2010) et actusoins.com

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