Les syndicats et les patronats interpellent ensemble le G20

Publié le par sphab/cgt & associés

Les syndicats et les patronats interpellent ensemble le G20

 

 

111105-G2OUne première. Jeudi 3 novembre, à Cannes, Laurence Parisot, la présidente du Medef, et Sharon Burrow, la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI) ont présenté une déclaration commune du Labour 20 (L20) et du Business 20 (B20). Les organisations patronales et syndicales du G20, exprimant leur "profonde inquiétude quant à la situation économique mondiale", demandent en chœur, et "avec insistance", aux gouvernements de faire des questions sociales "une priorité afin de réduire le chômage et éviter qu’une proportion croissante de la population ne perde confiance et espoir en l’économie mondiale".


111105-L-PARISOT-B20.jpgPréparée depuis un an par Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), côté patronal, et par Mme Burrow, côté syndical, cette première déclaration commune a été directement parrainée par Mme Parisot et par les secrétaires généraux de la CFDT et de FO, François Chérèque et Jean-Claude Mailly.


Pour constituer le L20 – en fait le L19 car l’Arabie saoudite, membre du G20, n’a pas de syndicats –, la CSI, principale confédération syndicale internationale, qui fédére 301 syndicats revendiquant 176 millions de syndiqués, a associé, pour la première fois, les syndicats chinois qui s'étaient jusqu'alors toujours tenu soigneusement à l'écart de cette centrale mondiale.


Le B20 et le L20 affirment que "l’accent doit désormais être mis sur la constitution d’un environnement propice aux entreprises et à la création d’emplois". Ils soutiennent "la création d’une task force du G20", décidée par les ministres du travail lors du sommet qu'ils ont tenu à Paris en septembre. Ils appellent le G20 à faire de l’emploi des jeunes, dont la situation est "particulièrement alarmante", "sa priorité". "Il est nécessaire et urgent, soulignent-ils, que les gouvernements et les partenaires sociaux entreprennent des efforts afin de créer des emplois stables, parmi lesquels des apprentissages et des stages qui, couplés à des offres de formation, permettront l'acquisition de qualifications, de renforcer les compétences professionnelles et d'améliorer le degré d'employabilité".


Affichant leur "intérêt commun dans la création ou le renforcement des systèmes de protection sociale", ils évoquent des "mécanismes permettant d'assurer, à l'échelle nationale, le financement pérenne des systèmes de protection sociale". Et surtout, ils entérinent l’instauration d’un socle minimal, réclamée par l’Organisation internationale du travail (OIT), à la suite du rapport de Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili. "Il est indispensable, ajoutent-ils, que ces socles de protection sociale soient définis après consultation des partenaires sociaux".


111105-sharan burrowDans des déclarations qu'ils ont faites au Monde, Laurence Parisot, François Chérèque et Jean-Claude Mailly se sont réjouis de cette première. "Nous sommes prêts à travailler main dans la main avec les syndicats", affirme la présidente du Medef qui se félicite d'avoir fait adopter par ses pairs, dans les recommandations du B20, la reconnaissance de la responsabilité sociale des entreprises. "Elle ne va pas aussi loin qu'on le souhaite, remarque le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, mais c'est la première fois qu'une déclaration commune des patronats et des syndicats parle de socle de protection sociale". Le secrétaire général de la CFDT souligne aussi l'importance de ce "premier pas".


La déclaration commune affirme aussi que "la bonne application des principes et droits fondamentaux au travail est une responsabilité qui incombe aux gouvernements", une allusion au fait que les Etats-Unis et la Chine n’ont toujours pas ratifié plusieurs conventions sociales de l’OIT. Ce point a été évoqué, mercredi 2 novembre, avec Nicolas Sarkozy qui a reçu une délégation du L20.


Si Bernard Thibault (CGT) a boycotté cette réunion,  la CGT, qui devait être représentée à Cannes, n'a pas exprimé de réserves officielles sur la déclaration commune. MM. Chérèque et Mailly ont mis en avant, lors de cette rencontre à l'Elysée, quatre points : emploi, normes sociales, socle minimal et taxe sur les transactions financières. "M. Sarkozy nous a dit qu’il pousserait dans ce sens", a noté M. Mailly. "Il ne s’est pas montré complètement pessimiste sur ces sujets" qu’il va tenter d’inclure dans la déclaration finale du G20, a ajouté M. Chérèque. En revanche, sur la taxe sur les transactions financières, à laquelle Mme Parisot s'est montrée favorable si elle est établie "à l'échelle internationale", sans pouvoir rallier l'ensemble des patronats à cette thèse, la porte semble bel et bien fermée.

 

 

 


source: lemonde.fr (jeudi 3 novembre 2011)


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