Lorient (56). Desserte portuaire . Fort blocus

Publié le par sphab/cgt & associés

Lorient (56)

Desserte portuaire. Fort blocus

Le secteur portuaire a été décrété zone interdite pour les camions hier matin. Les manifestants ont barricadé le secteur aux aurores, avant de lâcher prise vers midi. Sans heurts.

 

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L'appel à la mobilisation a sonné avant l'aube, hier matin, pour plus de 200 militants de la CGT, renforcés par des troupes de Solidaires. Dès 5h, ils ont bloqué la pénétrante, à hauteur de Kervaric, la rue François-Toullec, au niveau du supermarché Géant, et le rond-point des Asturies. «C'est cela aussi la France qui se lève tôt», déclare un militant devant un feu de pneus. Une heure plus tard, les troupes de la Fonderie de Bretagne (exSBFM) sont venues compléter le dispositif sur le pont de Carnel en installant un barrage filtrant. «Nous interdisons l'accès aux camions-citernes».

Retards sur les bus

L'objectif de cette action concertée par les sections CGT visait à paralyser le transport en direction de la zone portuaire. «Il faut toucher où ça fait mal, c'est-à-dire l'économie, pour que ceux qui nous gouvernent nous entendent. On est prêt à la négociation. Nous sommes pour une réforme qui ne pèse pas sur les seuls salariés», explique l'un des leaders de la CGT. Les policiers présents aux abords de chaque barrage ont très vite mis en place des déviations pour limiter l'impact de ce blocus. Mais les poids lourds détournés ont engorgé et ralenti le trafic urbain. En début de matinée, certaines lignes de bus accusaient jusqu'à 20 minutes de retard et la zone portuaire n'était plus desservie. Pris dans la nasse, les chauffeurs des camions venus s'approvisionner au dépôt pétrolier ont dû s'armer de patience. «Ce matin, j'ai eu le temps de charger à Brest à 4h45, puis de livrer à Briec. Si j'ai échappé au blocus de Brest, je n'ai pas pu échapper à celui de Lorient. Habituellement, on fait deux à trois tournées par jour. Aujourd'hui, il faudra se contenter d'une seule», confie un routier.

 

 

 

 

«Elle passe et pas de heurts»

À 8h25, le commissaire de police Frédéric Le Pollozec se rend sur le blocage rue Toullec. Avec un message clair. «On n'est pas là pour aller à l'affrontement, mais il faut laisser passer l'unité de CRS. Tout est bloqué de toute façon. Elle passe et il n'y aura pas de heurts». Les manifestants acquiescent. À 9h10, six véhicules de police sont autorisés à franchir le barrage. L'arrivée de ces renforts fait naître l'espoir d'un proche dénouement du côté des camionneurs, et la crainte d'un affrontement du côté des militants matinaux. Las! Ils n'avaient pas pour mission de lever les barrages mais d'assurer le dispositif de sécurité aux abords du dépôt pétrolier. «C'est la priorité des autorités depuis le début de la semaine; c'est pour cette raison que les forces de l'ordre ont la détente facile», fulmine un syndicaliste. Vers 11h, la CGT annonçait enfin la levée du blocus. Mais quelques irréductibles ont souhaité jouer les prolongations jusqu'à midi. À l'heure du déjeuner, près de 40 camions, stationnés de la rue de Carnel à l'avenue de la Marne, attendaient encore le feu vert, qui est intervenu vers 12h30.

Les lycéens participent

Quant aux lycéens, dès potron-minet, certains participaient au blocage des ronds-points. Vers 10h30, environ 200 d'entre eux ont rejoint le rond-point bloqué des Asturies (photo ci-dessous). L'après-midi, la plupart ont participé aux deux actions marquantes, la visite au Salon de l'auto et le blocage du giratoire de Lann-Sévelin. Les organisateurs lycéens annoncent un rassemblement mardi prochain, à 15h, sur la place de la Mairie à Lorient.

 

 

Les manifestants s'invitent au Salon de l'auto

Près de 300 manifestants se sont invités hier après-midi au Salon de l'auto, au parc des expositions de Lanester. Ultime baroud d'honneur d'une très longue journée de mobilisation.


«Nous voulons démontrer que l'on peut organiser une manifestation de masse sans casse!» Pierre Le Ménahès, délégué syndical CGT de la Fonderie de Bretagne, a été persuasif. Il est vrai qu'il avait derrière lui des troupes prêtes à forcer les grilles de l'enceinte du parc des expositions gardées par deux agents de sécurité! Les 300 manifestants se sont donc offert une visite du Salon de l'auto aux côtés des tout premiers visiteurs. Après quelques slogans lancés à l'adresse des exposants médusés, les «invités» ?accueillis comme un éléphant dans un magasin de porcelaine ? en ont profité pour flâner au gré des stands des concessionnaires. Certains n'hésitant pas à essayer les klaxons le temps d'un concert destiné à rappeler leur colère. Après ce passage très remarqué, les manifestants ont pris la direction du rond-point de Lann-Sévelin, histoire de finir leur journée comme elle avait débuté: par un blocage. Ce très long vendredi de mobilisation s'est achevé vers 16h30, douze heures après les premiers feux de la contestation allumés à Lorient.

Rassemblement ce matin place Aristide-Briand

«Ce n'est pas notre dernière action», prévient la CGT, qui envisage d'autres rendez-vous avant la manifestation unitaire du 28octobre. En attendant la septième mobilisation depuis septembre, l'intersyndicale appelle à un rassemblement «des honnêtes citoyens face à la violence policière», ce matin, à 11h, place Aristide-Briand. Les syndicats entendent dénoncer les heurts qui ont émaillé la manifestation de mardi au pont de Carnel, mais aussi les propos du sous-préfet justifiant l'usage des grenades lacrymogènes sur la foule.

 

 


source: letelegramme.com (23 octobre 2010)

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