Nouvelle dégradation du chômage en juillet

Publié le par sphab/cgt & associés

Nouvelle dégradation du chômage en juillet

 

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A a progressé de 36.100 pour atteindre 2.756.500 fin juillet. La tendance sur 2011 est revenue à la hausse. Jeunes comme moins jeunes ont été touchés.

 

Juillet n'a pas été plus heureux que juin en matière de chômage. Le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé dans le mois a encore bondi en juillet, de 36.100 précisément, soit une hausse mensuelle de 1,3 %, selon les statistiques diffusées jeudi par le ministère du Travail. Cette hausse porte le total des chômeurs de catégorie A, sur laquelle le gouvernement porte toute son attention, à 2.756.500, un niveau jamais atteint depuis janvier 2000.


Il faut remonter à octobre 2009 pour retrouver une telle progression sur un mois. Elle est d'autant plus inquiétante que c'est le troisième mois consécutif de hausse et que juillet a été encore plus mauvais que juin. Au total, le nombre de demandeurs d'emploi supplémentaires de catégorie A sur les trois derniers mois a frôlé les 90.000 (à 87.400). Là encore, du jamais vu depuis l'automne 2009. Sur les sept premiers mois de 2011, il a progressé de 34.000.

Aucune tranche d'âge épargnée

La situation est tout aussi inquiétante lorsque l'on prend en compte tous les chômeurs recherchant activement un emploi et ayant ou non travaillé (les catégories A, B et C). Sur un mois, leur nombre a progressé de 24.300, pour atteindre le niveau historique de 4.128.000. Ce n'est pas faute d'avoir utilisé les outils traditionnels de la politique de l'emploi que sont les contrats aidés : le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie E, dans lequel ils sont comptabilisés, s'est maintenu à un niveau élevé le mois dernier.


Aucune tranche d'âge n'a été épargnée par la dégradation de la situation en juillet, comme les deux mois précédents. Ceux qui subissent le plus gros choc sont encore et toujours les 50 ans et plus : leur nombre de chômeurs de catégorie A a augmenté de 2 % pour atteindre 555.000  fin juillet (+14 % sur un an). Mais les jeunes sont aussi à la peine, avec une augmentation des demandeurs d'emploi de catégorie A de moins de 25 ans de 1,4 % sur un mois.


Les mauvaises nouvelles depuis trois mois n'ont toutefois pas suffi à inverser la tendance : sur un an, le chômage des jeunes baisse de 2,5 %. Ce n'est pas le cas des demandeurs d'emploi de longue durée, dont la croissance ne se dément pas. Le nombre de personnes au chômage depuis plus d'un an a atteint le mois dernier 1.571.900.

Premières inscriptions

Ajoutant aux mauvaises nouvelles, le chômage a en outre progressé par les deux bouts. Le nombre d'inscriptions a augmenté de 3 %, alimenté non seulement par les fins de contrats précaires, mais aussi par les premières inscriptions (+7,7 %, selon des données a priori corrigées des variations saisonnières), tandis que les licenciements économiques continuaient à baisser. Il y a aussi eu bien moins de sorties (-4,1 %) que le mois dernier.  Et cette fois-ci, contrairement au mois dernier, la mauvaise performance n'est pas à mettre sur le compte d'une « panne » des radiations administratives, revenues de 38.300 à 47.900.


Mais il y a tout de même une -petite-touche d'espoir : la progression du nombre de reprises d'emploi, pour le deuxième mois consécutif.

LEÏLA DE COMARMOND

 


source: lesechos.fr (25 août 2011)

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