On a gagné la bataille des idées-par Charles HOAREAU

Publié le par sphab/cgt & associés

On a gagné

la bataille des idées

par Charles HOAREAU

 

 

Quand on réussit des manifestations d’une ampleur historique comme l’ont été celles de septembre et octobre on se demande toujours comment le mouvement va continuer.


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Ce 28 octobre, en nous rendant à la manif nous avions toutes et tous en tête que c’était déjà la 7ème journée d’action, que la loi venait d’être votée, que nous étions en pleine période de congés scolaires, que depuis 2 jours les radios martelaient sur la fin du mouvement, les reprises de travail, le baroud d’honneur...Donc pour tout dire nombre d’entre nous ne savions pas ce que cela donnerait et plus exactement combien nous serions en moins...


10h, 10h 30, 10h 45 peu à peu le monde arrive, seul ou par petits groupes, les pré-rassemblements situés le long du parcours grossissent, la manifestation peut démarrer et alors on se rend compte que tout compte fait il y a quand même du monde, puis de plus en plus de monde et enfin, que tous comptes refaits c’est une très grosse manif, plus grosse et de loin que celles du printemps. Cela est vrai pour Marseille (150 000 contre 120 000 le 24 juin dernier, jour de la plus grosse manif d’avant période estivale) et pour Arles (3500 contre 2500).


Dans ces conditions parler d’un mouvement qui marque le pas est d’une objectivité toute relative...


Au delà du nombre, ce qui marque ces manifestations et que la presse est bien obligée de souligner, c’est la détermination des manifestant-e-s qui ne veulent pas en rester là, pas plus sur les retraites que sur le reste. Un climat revendicatif est sensible dans nombre d’entreprises. Le mouvement actuel re-légitime les manifestations, les grèves, l’action sous toutes ses formes et donne à nombre de salarié-e-s l’envie de bouger.


Nombre de salarié-e-s se syndiquent en un mouvement que l’on n’avait pas connu depuis longtemps.


Le gouvernement a fait passer sa loi en force, mais quoiqu’il arrive de l’avenir de ce texte non encore appliqué et à la durée de vie incertaine, malgré un soutien médiatique sans précédent, malgré des campagnes publicitaires tapageuses, l’opinion très majoritaire dans le pays est que c’est une loi injuste, décidée par un gouvernement des riches pour les riches. L’opinion soutient les luttes dans des proportions jamais atteintes et dans ces conditions la légitimité même du gouvernement est gravement atteinte. décrédibilisation renforcée quand en plus éclatent des affaires comme celles de Woerth / Bettencourt, Mollex ou Guillaume Sarkozy.


Ce n’est pas pour rien qu’une grande partie de la presse parle de victoire à la Pyrrhus et que nos gouvernants eux-mêmes la jouent : « Il n’y a ni vainqueur ni vaincu ».

MEDEF et gouvernement sont fébriles et inquiets comme en témoignent nombre d’actes qui, comme chacun sait, parlent plus fort que les mots.


 A Miramas les cheminots viennent de remporter une bataille qu’ils mènent depuis 2 ans contre la fermeture de la gare de triage particulièrement consacrée au fret.
 La loi connaît des exceptions notables comme celle des infirmières pour qui le droit à la retraite à 55 ans est rétabli.

D’autres succès revendicatifs sont annoncés et les élections professionnelles de la période confirment une montée du syndicat qui apparaît le plus revendicatif, la CGT.


Les luttes vont continuer, pour certaines reprendre de plus belle, d’autres naître dans des secteurs où on ne les attendait pas. (Qui avait prévu il y a 6 mois, en particulier dans « les milieux autorisés qui s’autorisent » comme aurait dit Coluche, et qui nous bassinent sur un syndicalisme replié sur le secteur public, que le mouvement démarrerait de la chimie ?). La lutte est à l’ordre du jour pour des aujourd’hui qui chantent et non pour des lendemains que d’autres nous prédisent radieux. Dans cet automne inédit le peuple le dit haut et fort, « sauvons-nous nous-mêmes ».


Que celles et ceux qui veulent attendre 2012 l’arme au pied ou se hasardent à des promesses qu’ils ne veulent pas tenir, se le tiennent pour dit : nous sommes en état de veille sociale permanente.

 

 

Charles HOAREAU

militant de l'UD-CGT des Bouches du Rhône

 

 

 


source: rouge midi (vendredi 29 octobre 2010)

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