Plonéour-Lanvern (29). Elles "s'amusaient" à écrire sur les fesses d'une personne âgée

Publié le par sphab/cgt & associés

Plonéour-Lanvern (29). 

Elles "s'amusaient" à écrire sur les fesses d'une personne âgée

Deux agents d'une maison de retraite du Sud-Finistère ont été condamnées hier par le tribunal de Quimper pour violences volontaires sur personne vulnérable. Les deux employées s'échangeaient des messages sur les fesses d'une femme souffrant de la maladie d'Alzheimer. "Des faits qualifiés d'ignobles" par l'avocat de la famille de la victime. 

 

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Deux employées de la maison de retraite de Plonéour-Lanvern, dans le Sud-Finistère, une aide soignante et un agent de service hautement qualifiée faisant office d'aide-soignante, comparaissaient, hier, devant le tribunal correctionnel de Quimper pour violences volontaires sur personne particulièrement vulnérable.

"C'est une blague de mauvais goût"


Les faits remontent à 2009, année qui fut marquée par un mouvement social dans l'établissement. Ce jour de septembre, une aide soignante s'affaire autour d'une personne âgée. «Je faisais des soins avec de l'éosine sur les fesses de la dame. Ma collègue m'a dit que la tâche ressemblait à un coeur. J'ai continué et finalement j'ai écrit le nom du chat de ma collègue de l'après-midi avec un coton-tige. Je demande pardon, la dame n'était pas visée. Je ne comprends pas que l'on parle de violence», dit-elle. Sa collègue de l'après-midi a découvert le «message». Elle a répliqué par le même biais en écrivant «coucou» avec un stylo-bille. «J'ai rigolé, je plaisante beaucoup et j'ai de l'humour, se défend-elle maladroitement. C'est une blague de mauvais goût. Le travail n'est pas facile tous les jours. Cela arrive qu'on dérape».

"La personne considérée comme un objet"


Les faits seront connus tardivement. Lors d'une session de formation proposée au personnel en novembre, à la suite du mouvement social, la parole se libère. La direction de la maison de retraite informera le procureur. La victime, âgée de 79 ans, est atteinte de la maladie d'Alzheimer. «Vous avez considéré la personne comme un objet, a commenté le président Molié. Vous êtes expérimentées et vous vous êtes comportées de manière immature». «Ce sont des faits ignobles», a ajouté Me Buors, avocat de la famille.


Déjà mises à pied


Le procureur Morin s'est attaché à expliquer le sens judiciaire du mot «violence». Il a requis une amende de 800 €. Les avocats de la défense, Me Hoche-Delchet et Omez, reconnaissant un acte «intolérable et inadmissible» sur le plan moral, ont insisté sur le fait qu'il n'y avait eu ni atteinte physique, ni choc émotionnel pour la victime, ni conscience de leur acte ou intention de la part des prévenues. Les deux femmes ont été mises à pied pour quatre mois le 1er juillet dernier. Le jugement a été mis en délibéré.



source : letelegramme.com (mardi 17 août 2010)


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