Pontivy (56)-Les petites gens premières victimes de la fermeture du tribunal

Publié le par sphab/cgt & associés

Pontivy (56)

«Les petites gens premières victimes»

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La plupart des villes concernées n'ont toujours pas accepté la fermeture de leur tribunal d'instance. C'est le cas de Pontivy où les justiciables sont condamnés à faire 120 km aller-retour pour se rendre à une convocation.


Sur les grilles de l'imposant bâtiment, un petit panneau le rappelle à ceux qui en douteraient: depuis le 31décembre 2009, le tribunal d'instance de Pontivy a été transféré à Lorient. Comme onze autres tribunaux d'instance de Bretagne, Pontivy n'a pas échappé à la fermeture malgré les protestations, manifestations, motions et pétitions. Pour le personnel et les justiciables, la peine est lourde: pour aller travailler ou se rendre à une convocation, c'est au minimum 120km aller-retour. À l'heure où l'on ne parle que de réduire les émissions de CO2, le bilan carbone de cette affaire est forcément désastreux. Le collectif pour une justice de proximité a fait un petit calcul: les déplacements générés par le transfert du tribunal correspondent à dix tours de la Terre. Les justiciables n'ont pas le choix: faute d'une ligne ferroviaire entre les deux villes, c'est la voiture ou rien.

 
Certains renoncent à se déplacer


Conséquence, nombreux sont ceux, notamment les plus modestes, qui renoncent à se déplacer. «On travaille de plus en plus au téléphone. Pour les tutelles, le fait de ne pas avoir de contact humain génère des frustrations, on a le sentiment de ne pas apporter la même qualité de service», regrette Florence Donato-Lehuedé, ex-directrice du greffe au tribunal d'instance de Pontivy et actuellement directrice adjointe du greffe de Lorient. Et cela pour un coût supérieur, puisqu'à Lorient, la location des bureaux dans un centre d'affaires revient à 200.000euros par an, alors qu'à Pontivy le tribunal était hébergé gracieusement par le conseil général. «Tout cela a été fait d'une manière complètement stupide», lâche Jean-Pol Guidevay, le porte-parole du collectif.


Toujours pas d'audiences foraines


Responsable de la Confédération syndicale des familles, Marcel Coetmeur remarque que ce sont d'abord les petites gens qui sont les premières victimes de ce transfert. «Sur des litiges qui n'ont pu être réglés avec le médiateur, souvent ces personnes abandonnent car elles n'ont pas les moyens d'aller à Lorient». L'action de l'association s'en trouve par ailleurs handicapée: «Nous n'avons plus l'appui que constituait ce tribunal de proximité». Quid des audiences foraines? «Elles tardent à venir malgré l'accord de principe de la Chancellerie», constate Florence Donato-Lehuedé. Mais plus que des audiences foraines, c'est le retour du tribunal que Pontivy et le collectif continuent à réclamer. «On ne désespère pas, car ça nous paraît tellement énorme que l'on ait pu faire ça».

 

Yvon Corre

 


source: letelegramme.com (lundi 18 octobre 2010) 



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