Pontivy (56)-Plan de sauvegarde à la Polyclinique

Publié le par sphab/cgt & associés

Pontivy (56).

Plan de sauvegarde à la polyclinique

 

101004-LT.com-POLYCLINIQUE-1.jpgLa polyclinique installée sur le site de Kério, à Noyal-Pontivy, depuis fin décembre2009, vit un démarrage difficile. Après l'échec du plan de conciliation, c'est un plan de redressement qui vient de débuter. L'établissement a six mois pour trouver une solution.


Jean-Paul Debroux, directeur de l'établissement, se veut rassurant. «Non, la polyclinique ne va pas fermer», affirme-t-il d'emblée, coupant court aux rumeurs qui commencent à courir en ville. «On a de la trésorerie, garantit-il, d'ailleurs, nous n'aurions pas pu entrer dans ce plan de sauvegarde si nous avions des retards de paiements. Je le répète: nous ne sommes pas en état de cessation de paiements». «Depuis le début des travaux en décembre2007, jusqu'à l'installation, le budget a été respecté, la qualité est là, le projet est conforme au programme initial», signale le directeur, rappelant que sa polyclinique est pilote en matière de bâtiment HQE (haute qualité environnementale). «La clinique fonctionne, les patients sont là», poursuit-il, afin de garantir le socle solide sur lequel la polyclinique peut asseoir son avenir. «Il y a de l'activité et le travail des 120 salariés est assuré», confirme Jean-Paul Debroux. Sauf que plusieurs éléments, depuis l'ouverture de la polyclinique, sont venus comme des grains de sable dans un rouage qui devait être bien huilé, mettant en péril la santé financière de cette structure médicale privée.


Plus de charges moins de médecins


Car même si le niveau d'activité est satisfaisant, avec un chiffre d'affaires stable entre2009 et2010, à hauteur de 12MEUR, les charges, elles, sont bien plus élevées qu'auparavant. Et pour cause, le bâtiment sur une surface de 8.600m² est 50% plus grand que l'ancien. Les factures de chauffage, d'électricité et d'entretien sont des «charges bien plus importantesque prévues». Surtout que l'objectif fixé au départ était d'accroître l'activité de 20%. Et c'est là que le bât blesse, car non seulement une grande partie de la population du secteur sanitaire numéro8 se dirige vers d'autres centres, «on estime à 40% le taux de fuite», précise le directeur, mais aussi parce que le recrutement des médecins-chirurgiens est loin d'être chose aisée. Et sans professionnels, point d'offres suffisantes pour faire venir les patients. «Il existe un vrai problème de démographie médicale». Le directeur avoue que ces données «étaient prévisibles dès le départ mais on n'a pas su y apporter des réponses».


Six mois pour trouver une solution


Après une période de conciliation qui s'est conclue le 27septembre par un échec dans les négociations avec les banques, la polyclinique vient donc d'entrer depuis lundi dernier dans un plan de sauvegarde. Elle a six mois (renouvelables deux fois) pour trouver des solutions et redresser la barre. «Nous allons prouver que nous avons ce qu'il faut pour poursuivre notre activité dans de bonnes conditions». «Nous attendons surtout avec impatience l'arrivée de l'hôpital», précise le directeur. Plusieurs équipements sont en effet communs mais pour l'heure, à la charge unique de la polyclinique. «Nous sommes complémentaires et nous allons mettre tout en oeuvre pour que ce soit préservé et garantir l'offre de soins publique et libérale». Ce sera aussi l'aboutissement de ce projet de grand pôle de santé et donc, l'arrivée des infrastructures qui vont avec: transports en commun, route... «Les synergies existantes doivent être poursuivies et étendues», ambitionne Jean-Paul Debroux. L'idée est aussi de se rapprocher de groupes de santé «comme d'autres l'ont déjà fait, à Saint-Brieuc, par exemple. Une clinique ne peut pas vivre en autonomie», conclut le directeur.


L'ancien site de la clinique, à Pontivy, devrait également être vendu avant la fin de l'année. Des négociations sont en cours avec un promoteur.


Valérie Le Moigne

 


Source : letelegramme.com (lundi 4 octobre 2010)
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