Proglio-A la CGT reconnaissante

Publié le par sphab/cgt & associés

Les trois piliers de Proglio-
2. A la CGT reconnaissante

 

 

Henri PROGLIO. (Reuters)

 

Homme de réseaux économiques et politiques, Henri Proglio sait également s’appuyer sur les représentants des salariés. Et au premier rang, la CGT. A EDF, c’est avec une certaine bienveillance que l’on voit arriver «un industriel plutôt qu’un financier ou un technocrate», explique Maxime Villota, administrateur CGT au conseil d’administration (CA). La double casquette EDF-Veolia ? «Dans l’absolu, ce n’est pas choquant, d’autant qu’il était déjà au CA d’EDF.» On veut juste croire que le cumul ne sera que transitoire.

 Ont-ils dealé leur soutien à Proglio contre la réintégration, la veille de l’AG des actionnaires, des trois grévistes cégétistes licenciés ? «C’était encore sous Gadonneix. Peut-être l’a-t-il fait en accord avec Proglio, mais ça, on ne sait pas…» jure Maurice Marion, de la fédération CGT énergie. La remise à plat de la filière nucléaire proposée par Proglio ? «C’est un vrai sujet, enfin il vient en débat», tout comme le rapprochement entre EDF et Veolia. Cerise progliote, enfin, sur le gâteau CGT : les récentes critiques du nouveau PDG sur le projet de loi censé améliorer la concurrence du secteur au détriment de l’opérateur historique. Sincère ou opportuniste, Proglio aurait ainsi séduit la CGT à EDF sur des positions de fond.

 Autre chanson chez Veolia. Le syndicalisme maison est pollué par quelques contingences financières. Une publicité Veolia en 2002 dans la Vie ouvrière, journal de la confédération CGT, facturée au prix étonnant de 120 000 euros. Et depuis, d’innombrables pubs dans l’Aplomb, publication de sa fédération construction. Rien pour autant ne permet de faire le lien avec un syndicalisme bien tempéré chez Veolia. De même, les négociations nationales dans des palaces parisiens au frais du patron (plus une virée à New York pendant une semaine, sous Jean-Marie Messier) ne sauraient à elles seules expliquer le bon climat social. Reste cette interrogation : pourquoi tant de haine contre les électrons libres du syndicalisme ? Jean-Luc Touly (CGT) et Christophe Mongermont (FO) en ont témoigné dans un livre - l’Argent noir des syndicats (Fayard) avec Roget Lenglet - évoquant chez Veolia un «vaste système de cadeau et d’avantages offerts aux délégués contribuant depuis longtemps à maintenir la paix sociale».

 Chez Dalkia, filiale commune de Veolia et EDF spécialisée dans le chauffage urbain, Ali Bendris a vécu une expérience singulière. Délégué CGT pendant vingt-six ans, il décide en 2004 de rompre avec «l’aristocratie syndicale». Et de créer une CGT bis, en fait le CGT (pour Collectif général du travail), en rupture avec le«syndicalisme d’accompagnement bien intégré à la politique managériale». Le ciel lui est tombé sur la tête : une quarantaine de procédures judiciaires visant à contester sa représentativité syndicale. Dont certaines diligentées conjointement par la CGT canal historique et l’employeur Veolia (comme au printemps dernier à Lille, l’une lui réclamant 168 000 euros, l’autre 25 000). Ali Bendris se perd en conjectures : «Pour quelle contrepartie juteuse» ?

 Henri Proglio n’est pas seul en cause. En juin 2006, lors du projet de fusion entre GDF et Suez (ex-Lyonnaise des eaux), le CE (sous tutelle CGT) de Suez se fendait d’une publicité dans le Figaro vantant les mérites de la fusion… Pour le futur rapprochement entre EDF et Veolia, Proglio se contente d’une visite de courtoisie à la Fête de l’Huma, où l’ex-Générale des eaux loue un stand depuis toujours à prix de compagnon de route.


Par Renaud LECADRE, Luc  PEILLON

 



Article publié le 25 novembre 2009 sur le site Liberation.fr

http://www.liberation.fr/economie/0101604917-a-la-cgt-reconnaissante

 


 

 

 

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deguisement 23/01/2010 19:46


Indécence du montant de la rémunérartion proposée
Indécence du fait que les entreprises pilotées par l’Etat donnent le plus mauvais exemple
Indécence de l’incohérence de la situation: Salaire réel pour travail fictif ou travail réel et salaire fictif mais retraite réelle à la tête de deux entreprises dont une à 100% du temps. Mon
oeil!
Indécence de l’attitude des ministres, menés tels des paltoquets alternativement par les patrons ,les syndicats, les sondages