Un Breton d'origine tunisienne. «Une victoire à transformer»

Publié le par sphab/cgt & associés

Un Breton d'origine tunisienne.

"Une victoire à transformer"

 

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En Bretagne, les Tunisiens ont aussi fêté le départ de Ben Ali, hier. Ils étaient une cinquantaine à Lannion (ci-dessus), une centaine à Lorient, où une minute d'applaudissement a remplacé la traditionnelle minute de silence et une centaine à Brest. Photo Valérie Cudennec-Riou

 

 

 

Le professeur Lamine Aouni, retraité de l'université française, est aujourd'hui installé dans le Finistère. Tunisien d'origine, il a suivi de près le début de la révolte qui a fait tomber Ben Ali.

Avez-vous vu venir la chute de Ben Ali?


En tout cas, cela fait plusieurs semaines que l'on était largement informés. On a longtemps eu le sentiment que la France et l'Occident en général ne considéraient le mouvement que comme une révolte de plus, une émeute de la faim comme il y en a déjà eu. Mais internet et (la chaîne qatarie en langue arabe) al-Jazira permettaient de dépasser ce silence parfois pesant.

Quels sont vos espoirs, désormais?


Je forme le voeu que cette grande victoire de la jeunesse, de tout un peuple opprimé par une lourde chape de silence, en Tunisie comme dans les médias occidentaux, ne sera pas confisquée. Ce peuple a conquis contre toute attente son droit aux libertés individuelles et collectives. Il faut maintenant que les nations du monde l'aident à transformer cette victoire en démocratie transparente. J'espère en tout cas que ce sang versé ne l'a pas été pour que tout soit confisqué par quelques-uns qui se transformeront, comme leurs prédécesseurs, en dictateurs. Mais je ne crois pas au risque de l'islamisme, plutôt modéré en Tunisie. Si une dictature de la religion devait s'installer, une nouvelle révolution y mettrait fin.

Comment jugez-vous le rôle de la France?


Un rôle très prudent, voire tiède. On peut même dire qu'elle a réagi un peu tard, sans doute du fait de ses rapports avec la Tunisie et en particulier des liens entre ses dirigeants, passés et actuels, avec l'ancien régime. J'espère qu'à l'avenir elle saura réagir un peu plus vite que les États-Unis...

 

 


source: letelegramme.com (16 janvier 2011)

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