Sénat-La contre-réforme des retraites ne sera pas votée avant jeudi soir

Publié le par sphab/cgt & associés

La contre-réforme des retraites ne sera pas votée avant jeudi soir

On a les victoires que l’on peut ! S’ils n’ont pas été en mesure de faire évoluer le texte sur les retraites, les sénateurs de gauche auront au moins réussi à faire durer le débat au Sénat au-delà des prévisions du gouvernement. Le vote de la réforme, qui était prévu pour demain, ne devrait intervenir, dans le meilleur des cas, que jeudi soir.

Et le débat, qui a déjà duré 95 heures, entre aujourd’hui dans sa troisième semaine alors que la majorité espérait n’y consacrer que deux semaines. Le PS, du coup, criait victoire hier. « Nous pensions depuis le début que la feuille de route du gouvernement ne pouvait être tenue », claironnait Jean-Pierre Bel, patron du groupe PS. « On a dépassé le temps prévu », se réjouissait la sénatrice Christiane Demontès.

 

101019-LP.fr-SENAT.jpgAvec encore près de 500 amendements à examiner, le Sénat a repoussé lundi pour la deuxième fois la date du vote du projet de loi sur les retraites, prévu désormais "jeudi soir" dans le scénario le plus optimiste.

Des sénateurs UMP fatigués


L’hypothèse la plus probable est désormais un débat se terminant en fin de semaine, une CMP (commission mixte paritaire, réunissant 7 députés et 7 sénateurs pour établir une version commune avec l’Assemblée) mardi ou mercredi, et un vote solennel et définitif dans chacune des deux chambres le jeudi 28 octobre. « Nous sommes désolés pour M. Soubie (NDLR : le conseiller social de Nicolas Sarkozy), dont c’est l’anniversaire le 23 octobre, et pour le remaniement », ironise Bel…
Si le ministre Brice Hortefeux et le conseiller du chef de l’Etat présent au palais du Luxembourg ont montré quelques signes d’agacement à l’égard de la lenteur sénatoriale (six amendements à l’heure), le président Gérard Larcher n’envisageait pas hier de recourir aux techniques qui permettraient une accélération des débats. « Il ne se laisse pas dicter sa conduite par l’Elysée, précise son entourage. Il veut que le débat se poursuive. »


Alors que les communistes assurent l’essentiel de la contestation dans l’hémicycle (45% du temps de parole, contre 37% pour le PS), la majorité répugne à parler d’obstruction. « On est plutôt dans la taquinerie appuyée », estime Gérard Longuet, patron du groupe UMP. Qui concède une certaine fatigue dans ses rangs. « Vendredi soir, entre 21 heures et 23 heures, on a eu un petit passage à vide », admet-il. Minoritaire en séance, la majorité n’a pas été en mesure de voter l’article 13 du projet qui concernait les infirmières. Jeudi, c’est un sénateur centriste qui s’est trompé de couleur de bulletin, provoquant le rejet de l’article 4. Enfin, le ministre du Travail Eric Woerth a lui aussi connu un coup de mou, samedi entre minuit et 1 heure, reprochant au sénateur PS David Assouline d’avoir voulu lui « casser la figure » au cours d’un échange verbal un peu vif…


 


Source : .leparisien.fr  ( mardi 19/10/2010)

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