Libertés- Fichage ADN en procès
Libertés
Le Tribunal de Perpignan a requis une amende à l'encontre de Philippe Galano, militant CGT, qui a refusé un prélèvement ADN.
Perpignan, correspondance. Philippe Galano a de bonnes chances d’éviter la prison. Jeudi au tribunal de Perpignan, le procureur Albouy a requis une amende de 3 000 euros, dont la moitié avec sursis, mais pas la détention. L’ancien délégué CGT des Autoroutes du Sud de la France (ASF) comparaissait pour avoir refusé un prélèvement ADN. L’affaire remonte au 3 juin 2003 : les salariés en lutte contre la privatisation des ASF envahissent les bureaux de la direction. En 2009 Philippe Galano est condamné pour séquestration à trois mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Ce qui signifie aussi un prélèvement ADN qu’il refuse : « Le 3 juin 2003, j’étais dans mon rôle de délégué syndical. Pourquoi faudrait-il qu’un syndicaliste se trouve sur un fichier ADN ? »
Pour le procureur, Philippe Galano n’est pas au-dessus de la loi. L’avocate du syndicaliste, Me Sarfati, rétorque : « En refusant un prélèvement ADN, Philippe Galano n’exprime pas une opinion mais une liberté syndicale reconnue par la Constitution. Ficher les syndicalistes, c’est inacceptable en démocratie. » Une importante mobilisation pour les libertés syndicales a vu le jour autour de Philippe Galano. Jeudi, une manifestation regroupant syndicats et partis de gauche l’accompagnait jusqu’au tribunal. Le jugement sera rendu le 6 avril. « On a tout intérêt à porter cette affaire au plus haut niveau pour qu’aucun syndicaliste ne puisse être inquiété », estime à la sortie du tribunal le militant syndicat, qui demande la relaxe.
source: humanite.fr (lundi 21 mars 2011)